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l58 LA NATURE.
Et cet éclat des airs, transparentes vapeurs, D'une nuit trop soudaine épargne les horreurs.
Quel charme, en parcourant les campagnes fleuries , D'approfondir encor ces doctes rêveries!
Chaque objet vient tenter un œil observateur; Un fruit tombe, et Newton conçoit la pesanteur. C'est là que le silence instruisait Pjthagore, Xénophane, Platon, Leucippe, Anaxagore.
Peut-être la nature, au sein mystérieux, D'un sage quelquefois trompa l'œil curieux : Vains obstacles ! tout cède aux veilles obstinées. Et l'étude s'éclaire au flambeau des années. Chaque siècle en fuyant nous laisse ses progrès. Et même l'avenir nous prête des secrets.
Tel qu'on peint ce mortel aux grottes d'Amphitrite, Près d'enchaîner le dieu que son audace irrite; A peine il voit Prolhée endormi sur ses bords. Il s'élance, il le presse; inutiles efî'orts ! Sous mille aspects divers le seul Prothée en foule. Tigre, flamme, torrent, gronde, embrase, s'écoule. Transforme mille fois sa fuite et ses refus , Revient et disparaît, se présente et n'est plus. Mais instruit par les dieux, l'intrépide Aristée Saisit, presse, retient, fixe, enchaîne Prothée. T'el encor le génie , après d'heareux combats. Fixe, enchaîne, retient la nature eu ses bras.
Heureux qui des efi'ets sait remonter aux causes. Saisir d'un vol hardi les principes des choses,
CHANT TROISIEME. lî
Et d'an regard snblime entrevoir les accords Des élémens rivaux , et de l'âme et des corps !
II sait qn'un élément , terrible en sa puissance , Jamais de son rival n'ose altérer l'essence ; Que d'eux-même en secret immortels alimens , Ils se séparent tous par d'heureux cliangeraens. Il voit que la matière , à jamais divisible , Même éciiappaut aux yeux en poussière invisible , Aux portes du néant est plus loin d'arriver. Que la terre au soleil n'est près de s'élever.
Rien ne périt, tout change, et mourir c'est renaître. Tous les corps sont liés dacs la chaîne de l'être. La nature partout se précède et se suit. Voyez comme sa main des ombres delà nuit Teint lentement I? jour qui pas à pas recule , Et semble les unir par un doux crépuscule. Dans un ordre constant ses pas développés Ne s'emportent jamais à des bonds escarpés. De l'homme aux animaux rapprochant la distance. Voyez l'homme des bois lier leur existence. Du co ail ÏDCertain , né plaute et minéral , Revenez au polype , insecte \ égétal.
Sut l'insecte étonnant Têlre se ramifie. Et présente partout les getmes de la vie; De son corps divisé soudain réparateur, Il rensît plus nombreux sous un fer destructeur. Telle à nos yeux la glace , en mille éclats brisée , Rend mille fois l'image entière et divisée.
Où ne s'élance point le vol de ces regards ,
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Qne n'a point obscurcis l'ombre de nos remparts ? Ils savent à la fois , et profonds et sublimes. Monter à ces hauteurs , descendre à ces abîmes ; Dans son coars lumineux suivre la vérité , Et se plonger au sein de la Divinité.
La nature à ces 3"eux n'est plus qu'un seul empire ; L'ornait, l'animal germe, et la plante respire. La plus vaste baleine est pour l'immensité, Dans une goutte amère, un atome jeté ; Et du vaste Océan la goutte qui s'écouie. Autre océan , nourrit d'autres monstres en foule.
Entre deux infinis l'homme en naissant placé . Se voit de tous les deux également pre>sé. A l'aide d'un cristal autrefois sable aride , Sur des peuples nouveaux s'il jette un œil avide . Pour confondre ses yeux qu'effraya l'éléphant. Le ciron l'attendait aux confins du néant.
Du néant à l'atome il voit l'espace immense- Où l'univers n'est plus , l'univers recommence.
Aux profanes regards qnels prodiges voilés Sont aux yeux du génie en fonle révélés! Lui seul de la nature a surpris les oracles , De ses règnes fameux assemble les miracles . Et suivant Tournefort au sein d'Antiparos, La saisit enfantant le marbre et les métaux.
Si dn liquide empire il tente les merveille?. Des secrets de Thétis il enrichit ses veilles ,
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Voit l'empreinte des mers aux angles des vallons, Et les pas de Neplnne imprimés sur les monts; Suit d'un œil assidu leurs conquêtes paisibles, Pénètre des reflux les ressorts invisibles. Quand des mois et des ans les astres combinés Déterminent les flots par leur globe entraînés y Soit qu'il médite en cor les merveilles pbysiques Du métal aimanté, des torrens électriques. Dont l'active vertu, fille du par éther. Roule, invisible aux yeux, dans les veines du fer; Soit qu'il porte ses pas sous l'antique Palmire, A travers ces débris que l'Orieut admire ; Soit qu'il ose chanter la fureur des volcans. Ces combats de la flamme , et de l'onde et des vents , Interroger leur foudre égaré sous la terre. Ou demander aux cieuxles causes du tonnerre; Soit qu'il ose asservir aux traces d'un compas De ces globes errans les invisibles pas. Ou franchir d'un regard neuf fois trois mille années, Pour voir de tant de cieux les courses enchaînées Sur leur trace première en foule revenir, Et d'an nouvel essor embrasser l'avenir.
Que du faite élevé des temples de Minerve, Il foule ces grandeurs que l'ignorance énerve ■ Plein d'un calme sublime, il voit avec mépris Ce néant agité dont les cœurs sont épris. Que dis-je? il ne voit plus leurs dédales d'intrigues, Leurs tissus venimeux de complots et de brigues. Et ces cours où l'exil est le prix des vertus , Et le stupide amas des trésors de Plutus,