LIVRE PREMIER
ELEGIE m.
AU BILLEl' QUE J'ENVOIE A FANNI.
Billet que je confie anx ailes de l'Amour, Pars, Tole à ce que j'aime annoncer mon retour. Ah! dis bien à Fanni ma vive impatience!. Dis que je vais demain respirer sa présence I Demain l'aube verra mon rapide coursier Qui devance, en courant, le vol del'épervier. D'un pas ailé, franchir, en dévorant sa trace. Ces buh termes jaloux qui prolongent l'espace. Demain, demain Fanni doit par mille faveurs D'un exil douloureux me payer les rigueurs.
Doux billet! ne va point révéler ce mystère; Trompe de ses argus la vigilance austère; Que l'amour te dérobe à tout regard malin; Que Fanni te prenant d'une furtive main. Et d'un regard oblique essayant de te lire. Te glisse près du cœur où son amant respire. Tu sentiras ce cœur, plein d'un trouble charmaDi Te demander Mysis à chaque mouvement.
En désirs éperdus s'égarer, se confondre. Te presser, te parler, t'écouter, te répondre. Gémir impatient des obstacles jaloux.
Et voiler de soupirs son timide courroux.
lo ELEGIES.
Oli ! que des sombres nuits l'heure si désirée Va lui rendre importuns les jeux delà soirée, !Et les tristes lenteurs du nocturne festin! Douze fois l'airain sonne : elle s'échappe enfin Vers l'alcove discrète où la beauté repose : Un lin pur y reçoit et l'albâtre et la rose.
tleureux billet ! c'est là que, bravant les argus. Au flambeau de l'amour, Fanni, les yeux émus , Va te lire cent fois pour te relire encore ; Et tu reposeras sur un sein que j'adore!