‹ Œuvres choisies de MarmontelChapitre 106 sur 165 · LIVRE XIII · texte numérisé non relu

LIVRE XIII

Ija lutte coottiItteUe qull avait ene^ êoutentîr contre tocrtet les iEsustions de l'intérêt particulier y lui avait donné de la cour et du monde use 49pH nion peu favorable , et il en jugeait sainement ; mais du gros de la nation , il s'était fait, comme à plaisir, une opinic» fantastique et infiniment trop flatteuse. Il s'était entendu louer ^ bénir ^ exalter par ce peuple ; il avait joui de sa confiance , de son ' amour, de ses regrets : c'était lui qui l'avait vengé des noirceurs de la calomnie: c'était sa voix qui do l'exil l'avait rappelé au ministère , et qui t'y soutenait encore, lié par la reconnaissance, il ne l'était pas moins par ses propres bienfaits ; et personnellement obligé envers le peuple à le croire sensible et juste, il se persuadait qull le serait toujours. Ainsi son propre exemple lui en fit ou* blier d'autres qui l'auiraiient averti de l'inconstance de ce peuple , de sa légèreté , de sa facilité à pas^ ser d'un excès li l'autre^ à se laisser corrompre ,. égarer , irriter jusqu'à la frénésie et la plus brutale fbreur.

Dâfis une classe au-^lessus du peuple, mais at* tiquant au peuple , il ne voulut pas voir combien de passions obscures et timides n'attendaient, pour se déceler, s'allumer, éclater ensemble, qu'un foyer qui les réunît. La vanité, l'orgueil, l'envie, l'MÊibition de doimner, ou du moins d'abaisser ceuit que d'un œil jaldux on voyait au-dessus de soi ; des intérêts plus vik et des vices plus bas encoi^, k;& spéculations de la cupidité, les calculs

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des âmes vénales, tous germes éternels de actions et de distordes , .étaient des éléments que Necler semblait n'avoir point démêlés. L'idée abstraite et séduisante d'une nation douce, aimable, généreuse, préoccupait tous ses esprits* < Dans cette espèce d'enivrement , il ne crut point {iccorder trop.de faveur au parti populaire. Après lui avoir assuré une pluralité constante , il voulut ajouter l'avantage du lieu à cet avantage du nombre. La sûreté, la liberté, la tranquillité des délibérations demandaient essentiellement un lieu inaccessible aux insultes du peuple , un lieu aisé à garantir de toute espèce de tumulte ; et lui , sa première pensée fut de placer les états^généraux dans Paris , au milieu du peuple le plus nombreux , le plus facile à émouvoir , à soulever , et le plus re^ doutable dans ses soulèvements : ce ne fut que par déférence pqur l'avis du conseil qu'il se contenta i^ Jes établir à Versailles., sUUio maièjida carims. Celle des salles qu'on destinait aux assemblées générales , et dans laquelle , entre les trois ordres, s'agiteraient les plus grands intérêts de l'État , fut entourée de galeries , comme pour inviter le peuple à venir assister aux délibérations , appuyer son parti, insulter, menacer, effrayer le parti contraire, et changer la tribune en une scène de théâtre , où par ses applaudissements il excitc^^t «qs acteurs^ Je marque ces détails , parce qu'ils ont .été de l'importance la plus grave. Mais M. Necker ne voulait se figurer les assemblées des états que

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