‹ Œuvres choisies de MarmontelChapitre 107 sur 165 · LIVRE XIV. a6g · texte numérisé non relu

LIVRE XIV. a6g

comme un spectacle paisible, imposant , solennel, auguste, dont le peuple aurait à jouir. Ses espérances ne laissaient pas d'être mêlées d'inquiétudes; mais , comme il attribuait un grand pouvoir aux idées morales, il se flattait que le plus sûr moyen de prévenir les troubles qui pouvaient naître dé la dissension des ordres , était de les animer tous de cet enthousiasme du bien public , qui rend facile et doux le plus grand sacrifice des intérêts de corps et des intérêts personnels. Il en fit le premier essai dans la publication de son rapport au conseil d'État du 27 décembre 1788 ; et ce fiit par l'exemple du roi lui-même qu'il espéra d'exciter dès-lor$ cette émulation généreuse.

En rappelant l'aveu que le roi lui avait fait, qu'il n-ai^cdt eu depuis quelques années que des instants de bonheur: « Vous le retrouverez*, siré , ce bonheur , lui dit-il , et vous en jouirez \ vous commandez à une nation qui sait aimter. Si des nouveautés politiques, auxquelles elle n'est pas faite encore, l'ont pu distraire pour un temps de son caractère naturel , bientpt fixée par vos bienfaits, et afferknie ilànè sa confiandé par ta pureté de vos intentions , elle ne pensera plus qu'à joilir de l'ordre heureux et constant îdônt elle vous sera redevable. Elle ne sait pas encore, cette nation reconnaissante , tout ce que vous avez dessein de faire pour son bonheur. Vous l'avez dit, sire, aux ministres qui sont honorés de votive confiance : non-seulement vous voulez ratifier la promesse

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que vous avm faite de ne mettre aucun Douvel impôt sans le conseatement des états , mais vous voulez eneore n'en proroger aucuu «ans cette condition» Vous voulez de plus assurer le retmir des états-généraux , en les consultant sur l'intervaUe de$ convocations et sur les moyens de donner à ces dispositions une stabitité durable. Pour former un lien solide entre Tadmiuistration particulière de chaque province et la législation générale, vous voulez que les députés de chaque partie du royaume se concertent ensemble sur le plan le plus convenable, et votre majesté est diisposée à y don^ ner son assentiment Votre majesté veut encore prévenir, de la manière la plq^^ efficace^ le désordre que riQCPQduite ou Tiacapacité de ses ministres pourrait introduire daq^ les finances; et dans le nombre des dépenses que vau$ vnulea^ fii^r , vous n'excepte;^ pas même ceUei» quî tiennent plus particulièrement à votre personne- Votre majesté se propose d'aUer »a-<jievaQt du vomi bien l^Ujme de ses sujets, en invitant les état^énérim:^: à exR' miner eux'-memes lavande question qui s'est élevée sur les lettreg-deicacbet Voua ne souhaitez , sire f que le maintien de l'ordre , et vous voulez abandonner à la loi t(mt ce qu'elle peut exécuter* C'est par le même principe que votre majesté ^t impatiente de resoevoir les avis des états-généraux sur la mesune de liberté qu'il oonvient d'accorder à la presse et à la publication des ouvrages relatifs k l'administration. Enfin , sire , vous préférez avec

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