LIVRE XIII. tk'JÏ
rtifton, aux comeils passagers de vos ministres, les délibérations diurables des états-généraux de votre royaume ; et quand vous aurez éprouvé leur sagesse^ vous ne craindrez pas de leur donner une stabilité qui puisse produire la confiance , et les mettre 4 l'abri des variations dans les sentiments des rois vos Miccesseurs. »
Ce discours du ministre, imprimé, publié, répandu dans tout le royaume , comme le gage solennel des intentions du roi , lui donnait un droit légitime à la confiance des peuples ; et si , d'après ces dispositions, les états avaient bien voulu se constituer le conseil suprême d'un roi qui ne voulait que ce qui était juste , et qui voulait tout ce qui est juste; d'un roi qui, de concert avec la nation , était déterminé à poser sur des bases inébranlables les bornes mêmes de son pouvoir et la colonne de la liberté, de la félicité publique, la monarchie française, sans changer de nature , devenait le gouvernement le plus doux, le plus modéré , le plus stable qui fut jamais. Le roi, dans ce conseil lé^latif de la nation , allait présider comme un père, consulter avec ses enfants , régler , concilier leurs droits en ami plutôt qu'en arbitre, et rédiger avec eux en lois les moyens de les rendre heureux. C'était dans cet esprit que le ministre croyait tout disposer pour donner à la nation et conserver à la couronne ce. caractère de grandeur, de puissance et de majesté, qu'elles devaient avoir ensemble, et que
a'J^ MEMOIRES.
TuDe sans l'autre ne pouvait avoir pleinement (car c'est ainsi que le roi l'annonçait).
Mais dans une nation pétulante et légère , qui , tout-à-coup , veut être libre avant d'avoir appris à l'être , il n'est que trop naturel que la première fougue des esprits les emporte au-delà des bornes de cette liberté ; et ces bornes franchies , le reste est le domaine {des passions , de l'erreur et du crime.
*QQQ*