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la situaftion ; et, sarns dissimuler le. mal, il ea imclîqua les remèdes. Sur ce tableau si éfirayant dans Tombre il répandît une lumière rassurante ; et , aux aveux les plus affligeants , il mêla Tes consolatians d'une espérance courageuse. Il fit voir que l'objet le plus pressant et le plus difficile , Tégalité à établir entre les revenus et les dépenses fixes , ne de-* mandait pas même te secours d'un nouvel impôt; que ce vide serait rempli par de simples réductions et de légères éconcmiies. Quant aux ressources qui hû restaient pour les besoins de la présente année , pottr les dépenses extraordinaires des deux suivantes , pour l'amortissement successif des anciennes dettes, pour diminuer la somme des anticipations, enfin pour acquitter quelques dettes pressantes et actuellemept exigibles, il les indiqua , ces ressour* ces , dans le casuel progressif des extinctions des rentes viagères , dans le produit des économies et des nouvelles améliorations, dans l'accroissement des subsides plus également imposés , plus régulièrement perças. Enfin , sur d'obtenir du temps et du crédit national le seul moyen légitime et permis d'alléger les charges publiques, il n'en voulait point d'autres , et il répudiait , comme indigne d'un roi et d'une nation magnanime , toute espèce d'altération dans la foi des engagements.
a Que de plus grandes précautions , dit-il , soient prises pour l'avenir, le roi le désire, le roi le veut ; mais à une époque si solennelle où la nation est appelée par son souverain à l'environner , non pas
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pour un moment , mais pour toujours ; à une époque où cette nation est appelée à s'associer en quelque manière aux pensées et aux volontés de son roi, ce qu'elle désirera de seconder avec le plus d'empressement y ce sont les sentiments d'honneur et de fidélité dont il est rempli. Ce sera un jour, messieurs, un grand monument du caractère m#ral de sa majesté que cette protection accordée aux créanciers de TÉtat , que cette longue et constante fidélité; car, en y renonçant, le roi n'avait besoin d'aucun secours; et c'est là peut-être le premier conseil que les machiavélistes modernes n'auraient pas manqué de lui donner. »
A ces maximes de justice et de probité, Necker ajouta le grand intérêt de la puissance politique, dont ces principes étaient la base; et , avec la même éloquence dont il avait plaidé la cause des créanciers de l'État, il plaida celle des pensionnaires. Sa. loyauté fut applaudie.
Mais, lorsqu'en parlant de certains mandats conditionnels , où les engagements à prendre à l'égard des finances étaient considérés comme un objet secondaire , qui devait être précédé de toutes les concessions et de toutes les assurances que la nation demanderait, le ministre observa que les besoins des finances n'étaient que les besoins publics; que les dépenses de l'État ne concernaient pas moins la nation que le monarque; qu'il y allait de sa sûreté, de son repos, de sa défense, de> toutes les commodités de son existence publique^
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et qu'une obligation aussi absolue que celle d'y pourvoir ne laissait pas la liberté de là rendre con-* ditionnelle ; enfin , lorsqu'en supposant même que le roi eût plus d'intérêt que la nation au rétablis^ sèment de l'ordre et du crédit, et à l'acquittement tle la dette publique, Necker osa dire aux députés: « Non , messieurs, (et il est bon de vous le faire ob* server afin que vous aimiez davantage votre auguste monarque), non, ce n'est pas à la nécessité absolue d'un secours d'argent que vous devez le précieux avantage d'être assemblés par sa majesté en ^tats-généraux ; » et qu'il leur fit voir, article par article , que le plus grand nombre des moyens de subvenir aux besoins de l'État et de remplir le déficit, auraient été dans les mains du roi sans commettre aucune injustice , et par de simples retranchements soumis à sa puissance et à sa volonté; alors ceux qui, dans leur système de domination, voulaient faire subir au roi la loi de la nécessité , s'offensèrent que son ministre parut vouloir l'en affranchir. On leur avait entendu dire que la nation devrait lapider l'homme qui enseignerait au roi à se passer de nouveaux secours.
Necker , il est vrai , voulait dissuader l'assemblée du droit qu'elle croyait avoir de refuser son as^stance ; mais , en faisant soutenir au roi la dignité de sa couronne , il laissait à la nation tous les moyens de contenir son autorité légitime dans les bornes de l'équité.
2C)3 MÉMOIAES.
£t en e&t^ par un comninn accord entre Icf mo* narque et les peuples , les dépenses étant fixées , 1m impots consentis 9 les ministres comptables, les états de recettes et de dépenses pobliés , mis sous les yeux dé la nation , et rérîfiés par ellemême; enfin, les abus réformés, et ^administrai tion soumise aux règles de la plus exacte économie; que Youlait-on de plus? Et si Fégalité de l'impôt était convenue , si le retour des étatsgénéraux était réglé, la presse libre comme elle pouvait Tétre , les lettre$-de*cachet abolies ou con* fiées à la sagesse d*un tribunal;. si la liberté, la sûreté publique et personnelle , la propriété y Tégalité de tous les citoyens devant la loi et sous la loi , était rendue inviolable; si tous ces biens étaient non-seulement offerts , mais assurés à la nation , que manquait-il au succès inoui de cette première assemblée ? Il y manquait ce caractère d'indépendance et de domination que tes partisans fiinatiques d'une démocratie absolue et despotique voulaient avoir dans leur décrets.
ce Lorsqu'il en sera temps , leur disait M. Necker, sa majesté apprédiera justement le caractère de vo».délit>érisitions ; et s'il est tel qu'elle Fespère, s'il e^t tel qu'elle a droit de l'attendre, s'il est tel ea&ik que la plus saime partie de la nation le veut et le demadadey le roi secondera. vos intentions et vos traiffaux^; il mettra sa gk^re à les couronner; et l'esprit du meilleur des princes se méiant ^ pour