LIVRE XV. 3o
les droits onéreux au peuple ; améliorer le sort du clergé inférieur , consacrer les principes d'égalité devant la loi , de propriété , de sûreté personnelle et publique , de tolérance à Tégard des cultes ; du reste professer un inviolable attachement aux principes fondamentaux de la monarchie française; porter au pied du trône et signifier au tiers-état ses engagements solennels^ et demander sur tout le reste la délibération par chambre , en réservant au roi le droit inaliénable d'accorder ou de refuser sa sanction aux décrets des états , en même temps protester contre tous les actes qui les supposeraient absents; déclarer nuls tous ceux qiii les engageraient sans le concours de leurs suffrages, publier ces résolutions ; et d'après celles des communes, opérer avec elles; ou , si le tiers s'y refusait , se retirer avec la dignité convenable à des hommes qui auraient rempli leur tâche et fait librement leur devoir. Leur conduite , manifestée dans les provinces , y aurait rendu odieuse l'ambition du tiers; d'autant que la chaire évangélique n'était pas encore interdite à la vérité courageuse , et qu'elle y aurait pu retentir. Cet heureux moment^ fut perdu.
La noblesse se constitua , mais se tint sur la défensive. Le clergé crut pouvoir garder une neutralité simulée. // attendit^ dit Tolendal, qùOly eût ^ un vainqueur pour se faire un allié.
Depuis leur arrêté du lo , les communes s'étaient occupées à vérifier leurs pouvoirs. Cette opération
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finie , ayant jugé que Fœuvre de la restauration nationale pouvait et devait être commencée sans retard par les députés présents , il fut décrété (le 1 5 juin) de la suivre sans interruption , sans obstacle ; et néanmoins que , si les députés absents se présentaient durant le cours de la session qui allait s'ouvrir , l'assemblée les recevrait avec joie , et s'empresserait , après la vérification de leurs pouvoirs, de partager avec eux ses travaux. On eut soin d'ajouter que la représentation nationale serait une et indivisible; et qu'il n'appartiendrait qu'à des représentants , légalement vérifiés et légitimement reconnus, de concourir à former le vœu national.
Il ne s'agissait plus que de savoir quel nom l'assemblée se donnerait. Celui di assemblée nationale^ le plus ambitieux de tous , fut celui qu'elle préféra (le 17 juin); et ceux qui n'étaient pas d'avis que les communes usurpassent te titre de nation^ furent inscrits sui* une liste qu'on fit circuler dans Paris.: forme de dénonciation qui, depuis, a été mortelle à la liberté dés suffrages.
Le second acte de la toute-puissance que les communes s'attribuèrent, fut de déclarer nulles toutes les contributions qui avaient existé jusqu'alors , et de poser en principe que , pour le passé même, il avait fallu, non pas l'assentiment tacite, mais le consentement formel de la nation , pour légitimer les impôts.
Dès ce moment , le ministère devait tenir le roi