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sémeat qu'il voulait conserver en son entier, et sans la moindre altération, l'institution de l'armée, ainsi que toute autorité de police et de discipline sur le militaire , telle que les monarques français en avaient constamment joui-
Si les états avaient voulu devoir au roi une monarchie réglée et tempérée , le roi la leur donnait ; mais ils ne croyaient pas digne d'eux de la tenir de lui , et quelle que fiit la nouvelle constitution qu'ils n'avaient pas méditée encore , ils entendaient qu'elle fût leur ouvrage et non pas un bienfait du roi. À.insi toute l'attention des esprits se porta sur la partie de la déclaration qui rappelait le pouvoir arbitraire. Ce qu'on y avait ajouté de plus doux et de plus sensible fut regarda comme un appât pour amorcer l'obéissance , et comme un faible et vain palliatif à des actes de despotisme que le roi venait exercer.
Les communes furent surtout blessées de cette conclusion du roi, lorsque, prenant lui-même la parole , il dit :
« Vous venez , messieurs , d'entendre le résultat -de mes dispositions et de mes vues. Elles sont conformes au vif désir que j'ai d'opérer le bien public ; et si, par une fatalité qui est loin de ma pensée , vous m'abandonniez dans une si belle entreprise, seul je ferai le bien de mes peuples; seul je me considérerai comme leur véritable représentant , et connaissant vos cahiers, connaissant Faccord parfait qui existe entre le vœu le plus gêné-
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rai de la nation et mes intentions bienfaisantes j j'aurai toute la confiance que doit inspirer une si rare harmonie , et je marcherai vers le but auquel je veux atteindre avec tout le courage et la fermeté que je dois avoir C'est moi jusqu'à présent
qui fais tout pour le bonheur de mes ]>euples,et il est rare peut-être que Tunique ambition d'uD souverain soit d'obtenir de ses sujets qu'ils s'entendent enfin pour accepter ses bien&its. »
Ce ton d'autorité , ces mots de soui^ram^ de sur jets , de bienfaits , parurent offensants pour des oreilles républicaines , et quand le roi finit par ordonner aux trois ordres de se retirer chacun dans leur chambre , la résolution tacite des communes fut de ne pas lui obéir. Ainsi fut perdu tout le fruit des bonnes volontés du roi , et la discorde s'accrut dans une séance destinée à l'étouffer.
La séance finie , les communes , dans un silence respectueux, mais sombre , laissèrent l'ordre de la noblesse accompagner le roi , et se tinrent dans cete salle , qui , dès ce moment , fut la leur. Inutilement de la part du roi leur ordonna-t-on d'en sortir. Là même et sur-le-champ il fut résolu de persister dans leurs précédents arrêtés, et celui-ci fut pris tout d'une voix. En même temps on décréta que la personne des députés serait inviolable; qu'aucun d'eux , pour ce qu'il aurait dit ou &it dans rassemblée , ne pourrait être poursuivi , arrêté 9 détenu par le pouvoir exécutif, ni durant, ni après la session; ce décret déclarant infâmes et
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traîtres envers la patrie ies auteurs , instigateurs ou exécuteurs de pareils attentats. On y ajouta que , durant la session , la personne des députés serait à l'abri de toute poursuite criminelle et même civile , à moins que l'assemblée ne fît cesser l'exemption. L'avis en fut ouvert pat Mirabeau , homme , intéressé plus que personne à mettre une barrière entre les lois et lui.
Un peuple nombreux , envoyé de Paris à Versailles y avait environné la salle des états durant la séance royale. Il l'entourait encore lorsqu'on lui apprit que Necker allait demander sa retraite ; ce bruit était fondé.
Le roi, frappé d'étpnnement de n'avoir pas vu à sa suite le ministre des finances , et plus surpris encore de ne pas le trouver dans le palais à son retour , .avait demandé avec inquiétude à Montmorin si Necker voulait le quitter ; et Montmorin lui ayant fait entendre qu'il le croyait , le roi l'avait chargé d'aller lui dire qu'il ^attendait.
Ce fut à sept heures du soir, dans le moment où Necker était enfermé seul aveq le roi , que le peuple inonda les cours et l'intérieur du palais, en criant que le roi était trompé , et que le peuple redemandait M. Necker. ;
L'entretien du roi avec son ministre dura une heure entière ; le peuple en attendit l'issue. Enfin il vit partir le roi pour Trianon , s^ns le saluer de ce qii de vi^e le roi! qu'il méritait si bien ; et l'instant d'après , il vit Necker (Jescendre l'escalier et
monter dans sa chaise. Ce fut pour lui qu e)i ce moment éclatèrent les vœux et les bénédictions. On a reproché au ministre d'avoir voulu jouir de son triomphe , et il est vrai qu'il y aurait eu de l'insolence , s'il y avait eu de l'intention ; mais, cflfoique par les galeries Necker pût retourner modestement chez lui sans se montrer au peuple, il y a eu , ce me semble , trop de rigueur à lui laire un crime de n'avoir pas eu pour le roi cette respectueuse attention.
Necker , assailli par la reconnaissance du peuple et par ses applaudissements , accompagné jusqu'à son hôtel que la même foule investit , n'y fut pas plus tôt arrivé, qu'il y vit accourir , non pas une députation de l'assemblée , mais l'assemblée entière, qui, se pressant autour de lui , le suppliait, au nom de la patrie, au nom du roi lui-même, au nom du salut de l'État , de ne pas les abandonner. Ce n'était là qu'un jeu de théâtre pour rendre le parti royaliste odiçu:^; et le dessein d'anéantir le ministre lui-même , s'il n'était pas voué au parti populaire , n'en était pas moins pris dans le conseil de la faction. '
Necker voulut leur faire entendre que, seul, il n'avait plus le pouvoir dei faire aucun bien. « Nous vous aiderons , s'écria Target , se donnant le droit de parler au nom de tous, et pour cela il n'est point d'efforts , de sacrifices même que nous ne soyons disposés à faire. — Monsieur, lui dit Mirabeau avec le masque de la franchise , je ne vous