LIVRE XV
nés de la monarchie et avec ses débris que l'on se vante de créer un empire démocratique. C'est un vil ramas de vagabonds sans mœurs ^sans état , sans aveu, qu'on appelle le peuple souverain. Mais la nation désire , elle demande que la constitution du royaume soit réglée et fixée sur des bases fondamentales , et il s'agit de la rendre à la fois plus régulière et plus constante. C'est à quoi, sire, les états sont chargés de travailler avec vous. Par cette ancienne et vénérable constitution de la monarchie, vous êtes roi; l'autorité suprême, la force executive a été remise en vos mains ; vos ancêtres , à qui la nation l'a confiée , vous l'ont transmise en héritage. La nation ne veut ni n'entend dépouiller, déposer, déshériter son roi. Et que serait-ce qu'un monarque, si ce n'était pas le protecteur de tous les droits et de toutes les libertés?
« Protégez , sire , celle de tous les ordres , et n'en laissez opprimer aucun. Protégez celle des états eux-mêmes ; et protégez surtout dans les villes, dans les campagnes, celle de ces citoyens honnêtes, de ces cultivateurs paisibles qui, menacés dans leurs foyers par une populace oisive et vagabonde, tremblent avec raison que bientôt il ne soit plus temps de lui remettre le frein des lois. Non, sire, ce n'est plus au nom du clergé ni de la noblesse , c'est au nom d'un bon peuple dont vous êtes le père, que nous vous conjurons de ne pas le livrer à la plus cruelle des tyrannies, à celle de la populace et de ses perfides moteurs. »
334 BfBMOIRES.
C'était ainsi qu'on persuadait au roi qu'en ôè^ ployant aux yeux du peuple une puissance militaire, il ne ferait que réprimer et contenir la force par la force , et laisser au milieu la liberté publique protégée et hors de danger.
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