LIVRE XVIII
du peuple , Mirabeau réfuta insolemment cette motion , en disant qu'il ne serait pas de la dignité de l'assemblée nationale de se déplacer : il n'a* vait garde de vouloir s'opposer à son propre cu-
I vrdge.
i Le roi pouvait encore s'éloigner; tout était pire-
II paré pour son départ ; ses carrosses , ses gardes l'attendaient lui et sa famille aux grilles de l'OraU'-
I gerie ; quelques amis fidèles le pressaient de saisir |i, le temps où le peuple , dispersé dans Versailles , ^ allait se livrer au sommeil ; mais un plus grand ,^; nombre, tremblants et larmoyants^ le conjuraient à genoux de ne pas les abandonner. Trompé par la sécurité de la Fayette , qui répondait que tout serait bientôt tranquille ^ le roi ,, par la fatalité de son étoile ou de son caractère , se livra à sa des* tinée^ et perdit le moment qu'il ne devait plus retrouver.
Dès qu'il fut arrivé aux Tuileries avec sa famille , l'assemblée déclara qu'elle ne pouvait rester séparée de la personne du roi ; elle vint elle-même s'établir à Paris ( le 19 octobre 1 789 ) ; et , dans ces translations , le bon peuple crut voir le gage de sa sûreté.
Le premier acte du roi , k Paris , fiit son aocep* tation des premiers articles dé la constitution et la saYkrIion des droits de l'homme.
Ces MénAoires ne sont point l'histoire de la ré-
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^ volution ; vous la lirez ailleurs , mes enfants , et
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vous verrez , depuis cette époque du 19 octobre ,
la suite de tant d'événements mémorables , et tous faciles à prévoir après les premiers succès d'un parti Vainqueur. Les biens du clergé déclarés nationaux le a novembre ; la création des assignats le 2 1 décembre ; le nombre ^ la forme et la fabrication de cette monnaie , déterminés le 17 avril 1 790 ; la noblesse et tous les titrés abolis* le 19 juin suivant ; la fuite du roi le 2 1 juin ï 791 ; son retour à Paris le ^5; enfin Tacceptation de la constitution entière par le roi le 3 septembre, et la promulgar tion de cet acte le 28 dû même mois.
Là se termina la session de l'assemblée constituante ; et ce fut alors que s'éloigna de moi cet ami qui, dans les travaux et les périls de la tribune, avait si dignement rempli ses devoirs et mes espérances, et qui venait d'être appelé à Rome pour y être comblé d'honneurs, l'abbé Maury, cet homme d'uh talent si rare et d'un courage égal à ce rare talent.
En vous parlant de lui , je ne vous ai donné , mes enfants , que l'idée d'un bon ami , d'un homme aimable; je dois vous le faire connaître, en quaiité d'homrne public, et tel que ses ennemis eux-mêmes n'ont pu s'empêcher de le voir, invariable dans les principes de la justice et de l'humanité; défenseur intrépide du trône et de l'autel^ aux prises tous les jours avec lés Mirabeau et les Barnave ; en butte aux clameurs menaçantes du peuple des tribunes ; exposé aux insultes et aux poignards du peuple du dehors , et assuré que les principes dont