‹ Œuvres choisies de MarmontelChapitre 153 sur 165 · LIVRE XVIII · texte numérisé non relu

LIVRE XVIII

ami ; mais , après l'avoir va lutter inutilement contre cette force qui entraînait ou qui renversant tout ce qui s'opposait à ses progrès rapides , je conservais peu d'espérance de vivre assez pour voir la fin de nos malheurs.

L'assemblée législative , installée le i*' octobre 1 791 , suivit et même exagéra Tesprit de rassemblée constituante. Je ne fais encore que rappeler des dates pour arriver à ce qui m'est personnel.

Le 29 novembre, décret qui invite le roi à requérir les princes de l'empire de ne pas souffrir les armements des princes fugitif.

Le i4 décembre, le roi prononce, sur sa déclaration à ces princes , un discours applaudi.

Le î*' janvier 179a , décret d'accusation contre les frères de Ix)uis XVI.

Le 1" mars , mort de l'empereur Léopold.

Le 29 mai , assassinat de Gustave JII , roi de Suède.

Le ao avril , déclaration de guerre de la France au nouveau roi de Hongrie et de Bohême.

Au mois de juin , le roi refuse sa sanction à deux décrets; et c'est là le prétexte du soulèvement des faubourgs que l'on envoie en masse et en tumulte aux Tuileries.

Le roi , qui les entend menacer avec des cris sauvages et par d'horribles imprécations d'enfoncer les portes de son appartement , ordonne qu'on les ouvre. U se présente d'un air calme pour entendre leur pétition. On lut demande de sanc*

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tionner les décrets auxquels il a refusé son acceptation. « Ma sanction est libre , répond le roi ; et ce n^est ici le moment ni de la solliciter , ni de l'obtenir,»

Deux jours après , dans sa proclamation contre cet acte de violence , il déclara qu'on n'aurait jamais à lui arracher son consentement pour te qu il croirait juste et convenable au bi^n public ; mais qu'il exposerait , s'il le fallait, sa tranquillité et sa sûreté même pour faire son devoir.

Cette résistance aurait été le frein dû despotisme populaire. La libre acceptation des lois , et le droit que le roi s'était réservé de suspendre celles qu'il n'approuverait pas,, était l'article fondamental d'une monarchie tempérée, et du serment qu'on avait prêté librement, dans tout le royaume^ à la nation^ à la loi et au roi; mais cela seul eût arrété'le mouvement révolutionnaire, et la faction ne voulait pas que son pouvoir fut limité.

Le 3i juillet fut marqué par l'arrivée des Marseillais à Paris; sorte de satellites qu'on avait à ses ordres pour les grandes exécutioi^s.

Le 3 août , au nom des sections de Paris , Pétion présente à l'assemblée une pétition pour la déchéance du. roi.

Le 6 , on fait répandre aux Tuileries* le bruit que le roi veut s'enfuir.

Ce fut alors que, par un pressentiment trop fidèle de ce qui allait se passer , ma femme me pressa de quitter cette maison de campagne qu'elle

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