LIVRE NEUVIEME
Monsieur de Marigny , raccommodé avec sa femme, abrégeait son voyage de Fontainebleau pour aller avec elle à Ménars. Il désirait que je fusse de ce voyage ; sa femme m'en priait encore plus instamment que lui. Confident de leur brouillerie , j'espérais pouvoir contribuer à leur réconciliation ; et , par reconnaissance pour lui, autant que par amitié pour elle , je consentis à les accompagner, a Vous ne pouvez croire, monsieur, m'écrivait-il de Fontainebleau, le 12 octobre Ï767, tout le plaisir que vous me faites de venir à Ménars. Il me serait permis d'être un peu jaloux de celui que madame de Marigny m'en a témoigné. »
Ma présence ne leur fut pas inutile dans ce voyage. Il s'éleva entre eux plus d'un nuage qu'il fallut dissiper. Sur la route même , en parlant avec éloge de sa femme , M. de Marigny voulut attribuer les torts qu'elle avait eus à la comtesse de Séran ; mais la jeune femme , qui avait du caractère , se refusa à cette excuse. « Je n'ai eu , lui ditelle , aucun tort avec vous , et vous étiez injuste de m'en attribuer; mais vous l'êtes bien plus encore d'en supposer à mon amie. «Et, à quelques