‹ Œuvres choisies de MarmontelChapitre 49 sur 165 · LIVRE DIXIEME · texte numérisé non relu

LIVRE DIXIEME

Tant que le Ciel m'avait laissé dans madame.Odde une sœur tendrement chérie , et qui m'aimait plutôt d'un amour filial que d'une amitié fraternelle ^ sûr d'avoir dans son digne et vertueux époux un véritable ami , dont la maison serait la mienne j dont les enfants seraient les miens, je savais où vieillir en paix. L'estime et la confiance qu'Odde s'était acquises, l'excellente réputation dont il jouissait dans son état , me rendaient son avancement facile et assuré, et n'eût-il fait que conserver l'emploi qu'il avait à Saumur , ma petite fortune, ajoutée à la sienne, nous aurait fait vivre dans une honnête aisance. Ainsi, lorsque le 'monde et moi nous aurions été las, ennuyés l'un de l'autre, ma vieillesse avait un asile honorable et plein de douceur. Dans cette heureuse confiance, je me laissais aller, comme vous avez vu , au courant de la vie , et' sans inquiétude je me voyais sur mon déclin.

Mais lorsque j'eus perdu ma sœur et ses enfants; lorsque, dans sa douleur, Odde, abandonnant une ville où il ne voyait plus que des tom-

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