‹ Œuvres choisies de MarmontelChapitre 57 sur 165 · LIVRE i. î · texte numérisé non relu

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leurs seijpblàbl^â n'avait pu in'irriter contre eux.

Pourquoi donc, au moment de la querelle sur la musique, avais-je été mo^ns impassible ? C'est que' je n'étais pas le sejil insulté par mes adversaires , et que j'^avais à venger un artiste inhumainement attaqué dans ses intéf éts les" plus ckers» .

Picdni était père de famille, et d'une famille nombreuse qui subsistait du fruit de son travail : sou caractère paisible et doux le rendait plus intéressant encore. Jç le voyais seul, sans intrigue, travailler de son mieux à plaire à^un nouveau public; et je voyais en même temps une cabale impitoyable l'assaillir avec furie, comme un essaim de guêpes. J'en témoignai mon indignation; la cabale en fut irritée , et les guêpes tournèrent contre moi tous leurs aiguillons.

Les chefs de la cabale avaient une presse à leurâ ordres pour iiâprimer leurs facéties , et un journal pour les répandue. J'y étais insulté tQus les jours^ Je n'avais pas la même .commodité pour me défendre; et quand je l'aurais eue, cette petite guerre n'aurait pas été de mon goût. Cependant je voulais m'é^ayer à mon J:our; car, me fâcher contre des railleurs , c'eût été faire un .triste personnage:.

J'imaginai de mettre en action leur intrigue et de les peindre avi;naturel, n'ayant, pour les rendre plaisants , qu'à rimer leur * propre langage.' Ils imprimaient leur pro$e, je récitais mes vers; et

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tous les jours , c'était à .qui ferait mieux rire son inonde.

C'est ainsi que fut composé mon poème sur la musique pour la défense dQ Piacini ) peut - être aurai^je mieux fait de laisser parler /{o/o/u/, ^^y^j Didorij etc. ; mais, je n'ai pas toujours fait ce qu'il y av^it de mieux à, faire; et j'avoue que, cette fois, je T^g cru& pa$. son injure ^ la Quienne assez ven^ gées par le silence du méj^is^ %\x reste , si , d'une dispute $iussi frivole et. aussi éphémère , j'ai fmt un poème en douze chants , ce sont les incidents qui m'j ont engagé , et par uqe pente i9^nsit)le. J'au^ rais pu , je l'avoue , mieux employer mon temps ; majis mon travail habituel es^igeait du relâche , et c'étaient ces moa^ents de dissipation et de délasse* ment que je donnais à Polymnie. %

L0 temps de mon séjour à Saint-Brice fut marqué p^r uii évéqemdnt d'un intérêt» pbsâ aérieisx ; ce fut la retçaite de M. Neclier du ministère des finattces, l'ai déjà dit quie so|) caractère ii'él|df rien moins que séduisant. Il ne ili'£|vait jamais dçfiné lieu de crqire qu'il fut mon ami. Je n'étais j^s le sieisi \ niais comme il me marquait autwt d'ei^time «t de hieutveillancq que j'en pou^vfiis attendre di'uB homme aussi froidement poli , et que , de mon côté ^ l'a vais^ une haute opiniQji de ses talents, de ses. lumières, de Fambition qu'il avait eue de se ^naW d^^^ ^ place en faisant le bien de l'État, je m'affligeai de sa retraite.

J'avais d'ailleurs pour madame Necker la plus

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