LIVRE XI
L'on sait qu'en arrivant au contrôle * général , M. de Galonné annonça son mépris pour une étroite parcimonie. Il voulait, en particulier, que les travaux des gens de lettres fussent honorablement récompensés. En ma qualité de secrétaire^ perpétuel de l'Académie française, il me fit prier de l'ai** 1er voir. Il me témoigna l'intention de bien traiter l'Académie ; me demanda s'il y avait , pour elle , des pensions, comme il y en avait pour l'Académie des sciences et pour l'Académie des belles-lettres ; je lui répondis qu'il n'y en avait .aucune ; a quoi pouvait monter , pour les plus assidus , le produit du droit de présence ; je l'assurai qu'il ne pouvait aller qu'à huit ou neuf cents livres, le jeton n'étant que de trente sous. Il me promît d'en doubler la valeur. Il voulut savoir quel était le traitement du* secrétaire ; je répondis qu'il était de douze cent» livres. U trouva que c'était trop peu. En consé^ quence il obtint du roi que le jeton serait de trois livres , et que le traitement du secrétaire serait de mille écus. Ainsi mon revenu d'académi* cien put se monter à quatre mille cinq ou six cents livres.
J'obtins encore un nouveau degré de faveur et de nouvelles espérances sous le ministère de Mi. de Lamoignon , garde-des-sceaûx. Yoid quelle en fut l'occasion.
L'une des vues de ce ministre était de réformer llnstruction puMique et de la rendre florissante \ mais , comme il n'avait pas lui-même les con nais*
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sances nécessafrcs pour se fermer un plau/un'sy$time d'étude qui remplît ses intentions , il consulta ribbé Maury^ pour lequel il avait beaucoup d'estime et. d'amitié. Celui-ci, ne se croyant pas assez instruit sur des objets dont il ne s'était pas spécialement occiipé , lui conseilla de s'adresser à moi y et le ministre le pria de m'engager à l'aller voir. Dans l'entretien que nous eûmes ensemble , je vis. qu'en général il concevait en homme d'état ^ et dans toute son étendue, le projet qu'il avait formé. Mais les difficultés , les moyens , les détails , ne lui en étaient pas assez connus ; pour nous assurer l'un et l'autre si j'avais bien saisi son plan, je le priai.de me permettre de le développer dans un mémoire que je lui mettrais sous les yeux ; niais je 4e .prévins : que , dans les réformes y rien ne me semblait plus à craindre que l'ambition de tout détruire et de tout innover ; que j'avais beaucoup de respect pour les anciennes institutions; que je déférais volontiers aux leçons de l'expérience , et que je regardais les abus , les erreurs , les fautes passées comme ces mauvaises herbes qui se mêlent au pur froment, mais qu'il faut extirper d*une main légère et prudente pour ne pas nuire à la moisson.
Mon mémoire fut divisé en huit articles prin« cipaux ; la distribution des écoles et des objets de L'enseignement selon l'utilité commune ou les conyenances locales; les établissements relatifs à l'un et à l'autre de ceis objets; la discipline; la méthode;