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Brienne, en Fecevant la lettre où Lamoignon lui Élisait part de cet avis , en tressaillit dé joie ; et ne, doutant pas que le message ne lui vînt des enquêtes , il répondit « qu'il ne balançait point à profiter de cette. ouverture. Par là, je n'aurai plus d'ici à cinq ans, disait-il, aucun démêlé avec le parlement. » Incontinent il ordonna de* dresser un édit de quatre cent vingt millions d'emprunts , qui se succéderaient dans l'espace de cinq années au biout desquelles il promettait la convocation des états-généraux. En attendant, il annonçait pour cinquante millions d'économie, tant en réduction de dépense qu'en bénéfice de i;ecette; ce qui ferait face à l'emprunt. Mais comme si, dans la séance qu'il allait faire tenir au roi , il eût voulu soulever les esprits au lieu de les calmer , il y fit prendre au roi et au garde-des-sceaux le ton le plus sévère ; il y fit rappeler au parlement ses anciennes maximes sur le pouvoir absolu des rois et sur leur pleine indépendance; il lui opposa les paroles consignées dans ses arrêts , qiiàu roi seul appartenait la puissance souveraine dan^ le royaume; quHl n* était ^somptable qu* a Dieu seul de V exercice dwpoupoir su^préme; que le powvoir législatif résidait dans la personne du sow^eram , sans dépendance et sans /7âfr- /a^;etquantaux états-généraux, l'on se tint sur la défen^ve, en disant qu'au roi seul appartenait le droit de lx>nvoquer; que lui seul deuait juger si cette convocation était utile ou nécessaire; que les trois ordres ossmMés ne seraient pour lui qu^un conseil
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pku étendu, et qu'il serait toujours t arbitre soiu^emin de leurs représentations et de leurs doléances. Rien de plus inutile dans cette drconstanoe que la hauteur de ce langage. L'effervescence des esprits n'en devint que plus vive ; les têtes s'enflam* mèrent , la séance fut orageuse. Le roi , croyant n'y recueillir que des conseils et des lumières, avait permis qu'on opinât à haute voix ; nombre d'opinants abusèrent de cette liberté jusques à l'indécence; et une censure amère et violente, se mé* lant aux opinions, fit trop sentir au roi qu'au lieu de ses édits c'était sa conduite et son règne qu'on prétendait avoir le ^^oit d'examiner. Il se contint durant l'espace de sept heures que tinrent les opi-^ nions ; et affecté jusqu'au fond de l'ame de la licence qu'on se donnait, il ne laissa pas échapper un seul mouvement d'impatience. Ainsi dès-lors s'éprouvait cette patience dont il a eu tant de besoin.
Cependant le grand nombns des opinions se terminait à demander la convocation des étata-gé^ néraïux pour le mois de mai de l'aimée suivante; et d^É^rémenil disait au roi: Je le vois ce mot désiré prêt à écAc^per de vos lettres ; pronoi%cez4ej sm^ et votre parlement souscrit à vos édits* Si le roi eût cédé, il est indubitable que les édits auraient passé» Mais Brienne lui avait recommandé de n'entendre i aucune condition, et de s'en tenir au- principe que partout où le roi était présent , savobMéfaisak la hi»
Enfin , tnalgré le silence du roi et le refas qu^ex^
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primait ce silence, on a cru que sUl avait jwmm de recueillir le$ ¥ûîv, le plus fraad ntûBibre aarait été encore pour l'acceptation des édite. Mais ponctuellement exaet à ob^^nrer oe qui lui était prescrit par son minière ^ il ordonna l'inscription des édits sans alkr aux opinions, et fit enregistnar de même m^e déclaration qui mottait en vacance tous les parlements du rojranfiiie. I«e duc d'Orléans, qui dès-lor9«Qomniençait à jouer son rôle, protesta, en présence du roi , contre cet acte d'autorité; et dès que le roi fut sorti, l'assemblée, où les pairs étaient encore, adhéra, par un arnêté, 4 la proies* tatîon du prince.
Le iendemain , la grande députation du parie* ment lut mandéç ^ ITersailles. Le roi bifïa l'arréié de la veille , défendit sur le même objat toute non- . velle détibémtioii., »:ila le dnc.d'OriéansàYilleiis- Cotterets, et deux conseillefs de grand'cbambre , Fréteau et Sabatier , l'un au diateau de Ham , l'anti'e a{i mont Saint^BIicbel*
DèS'^ioi^ la ligue des pariements fut ||énén^ contre le n^nistère ; tft Brienne, déiespérsuit de les soumettre , résolut de les anéantir. A «e hardi projet qu'il porta au conseil , était joint celui d'nne cour plénière et pennanente pour l'enregistue* ment des 1(h&.
Dans ce conseil , Lamoignon combattit l'idée de la cour plénière , mais inutUemenL Av«o pk» de sui;cès,41 s'opposa à la destruction de lafamte m^gîstraMire; moyen trop violent , dit-il , et qne
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Maupeou avait déshonofé: Il y substitua le projet d'afikiblîr rinfluence du parlement de Paris et sa force de résistance , en érigeant dans son ressort des bailliages considérables , dont la compétence étendrait le plus grand nombre des procès , et rendrait inutiles les chambres des enquêta, tumultueuses et bruyantes, dont on voulait'- se délivrer. Cette manière simple et sûre de réduire leparlement par raccroisseroent dés bailliSrges devait être agréable aux peuples ; elle abrégeait la procédure , épargnait aux plaideurs les frais des longs voyages, les lenteurs des appels, les rapines de la chicane; et à l'égard d'un ressort aussi vaste que celui de Paris, ce projet portait avec' lui l'évidence de sa bonté. Brienne y voulut englober tous les parlements du royaume ; et sans calculer quelle masse de résistance il aurait à vaincre , il chargea le garde-des-sceaiMt d'en rédiger 4e pian et d'en dresser l'ëdit. En même temps il lui traça une forme de cour plénière qu'il croyait assez imposante pour assurer aux lois le respect et l'obéissance. Cette grande opération fut le secret du lit de justice du 8 mai 1788. Mais le silence que l'on gardait sur ce qui devait s'y passer , l'ordre donné aux gouverneurs des provinces de se rendre à leur poste, les paquets envoyés aux commandants des villes, où résidaient les parlements , peut-être aussi quelque infidélité des imprimeurs ayant éventé le projet d'attaquer la magistrature ^ elle se mit en garde; et trois jours avant le lit de justice ( le 5