SCÈNE XL BEAUMARCHAIS, CLAVICO
CIAVICO , se rasseyant avec calme.
Dictez à présent, Monsieur, je suis prêt à écrire tout ce que vous désirerez.
BEAUMARCHAIS, touché.
Je ne serai pas moins généreux que vous, Monsieur ; je vous laisse à mon tour le maître des termes dans lesquels vous croirez devoir faire à ma sœur la réparation quelle a droit d'exiger.
CLAYICO, vivement.
Oui , qu'elle a droit d'exiger, je ne balance plus et je veux l'attester à l'univers entier ; c'est donc de moi-même, et avec joie, que je m'empresse de vous donnera tous deux celle juste satisfaction.
( II écrit et lit .n même temps. ) « Je SOUSSigllé , Joseph
'> Clavico, garde des archives de la couronne , » proteste , jure que doua Maria possède toutes » les vertus ; que jamais rien dans sa conduite n'a » pu justifier mon trop coupable changement ; que » c'est sans sujet que j'ai différé de fixer le jour » qui devait m'unir à elle ; jour qui ferait encore
» mon bonheur, si elle daignait me pardonner » un torl que je me reproche amèrement; et je » signe. » Etes-vous satisfait, Monsieur, et puisje espérer à présent....
BEAUMARCHAIS
Clavico , je ne suis point un lâche ennemi , je vous ai prévenu de l'usage cruel que je veux faire de l'arme que vous m'avez donnée.
CLAVICO.
Au moins , Monsieur, vous direz à votre sœur le repentir amer que vous voyez en moi ; je borne à cela toutes mes sollicitations : je reviendrai bientôt me jeter à ses genoux , pour obtenir moi-même ma grâce, lorsque vous lui aurez appris tout ce qui s'est passé entre nous ; et, si par malheur la facilité avec laquelle j'ai cédé à vos désirs devenait inutile à l'amour, ( Avec fermeté. ) alors, Monsieur, ce sera à moi de trouver le moyen de vous forcer encore à me plaindre , et surtout à m'estimer. ( Usort. )