‹ Œuvres choisies de Marsollier. Précédées d'une notice sur sa vie et ses écrits par la Csse d'Hautpoul, sa nièceChapitre 180 sur 184 · LE MOULIN A VENT · texte numérisé non relu

LE MOULIN A VENT

cHonte,

Qui est l'hisloire de bien des gens.

Né dans ces temps de deuil , de trouble, de licence. Je fus républicain... comme toule la France! Je m'en trouvai fort bien... Avec des assignais J'achetai dix châteaux... que je ne payai pas. Le peuple souverain ivre de sa puissance Se permetlail parfois d'horribles attentats: tom. m. 28

Je puis vous le jurer , je les blamajs... lout h;i-, ! Voulant prendre un état, je me fis anarchiste, Tous les jours par degrés je me mettais au pas, Et devins comme un autre un fort bon terroriste. On tuait trop pourtant!... Un jour, le souverain Eut Un beau mouvement, il voulut èt»e humain! El pour ramener Tordre et prouver sa clémence , Il rêve... un directoire! on en forme un soudain. Cinq fiers républicains, affamés de puissance, Croyant déjà tenir tout l'argent de la France, Faisant et défaisant... on le disait tout haut: Le Luxembourg était la cour du roi Pétant. J'allais tonner contre eux... un emploi d importance, Doublant mon revenu, me condamne au silence, Et pour tirer parti de ce quine royal, Je m'annonce en tous lieux pour directorial. J'eus beau les soutenir, ne pouvant plus s entendre, Les cinq, de leurs tréteaux sont contraints de descendre. Le directoire expire !... Un Corse trop vanté Saisit le gouvernail de l'esquif démâté. Bonaparte est consul !... Pendant quelques années, J'admirais ses exploits , ses hautes destinées: L'ambition l'aveugle , il se fait Empereur. D'abord , je l'avoûrai , ce trait me fit horreur ;... Mais ses nombreux suppôts et leur fatale liste , Qui nous menaient au Temple... et plus loin quelquefois. Me forcent... librement d'obéir à ses lois: Prudemment je me fis grand napoléoniste : Notre homme devint fou : trahi, sifflé , berné , Le petit caporal est enfin détrôné.

DIVERSES. 43g

Que faire alors ? que faire ? Eh ! ma foi , je regarde D'où vient le vent... il est aux Bourbons , cette fois! Je retourne au logis... je change ma cocarde , Je sors en m'écriant: « Rendez-nous nos bons rois. » On s'étonne, on se meut, on m'applaudit ! j'insiste! Le Roi rentre' !... j'obtiens une, deux et trois croix : On me nomme préfet! D'après cela, je crois Que je puis me vanter d'être un bon royaliste.

Napoléon revient'... le fait parait constanl.

Il se rend à Paris! l'armée es! dans l'ivresse...

Eh bien , Messieurs , je puis vous le dire à prosent,

Je l'avais deviné ! je le disais sans cesse :

Dans le premier moment , j'ai montré quelqu'effroi ;

Mais, j'avais tort !... au fait , c'est un bonheur pour moi :

Car, vous le savez tous, sa respectable image,

Dans le fond de mon cœur, eut toujours mon hommage.

Expics pour le servir, j'ai dit vive le Roi,

Mais je n'en voulais pas, je n'aime que l'Empire!

Qu'on ne me parle plus des lis , ni d'un Bourbon ,

Un majorât m'attend! je dois être baron!

Et, grâce au ciel, enfin je puis tout haut me dire

Le fidèle sujet du grand Napoléon...

Le Roi revient encor3... ce dernier coup m'assomme. Où fuir? — Ne fuyez pas! faites-vous oublier,

• Mars i8i5.

* Juil^i i

tto POESIES

Ne soyez plus préfet, baron , ni chevalier,

Et tâchez, s'il se peut, de n êlre qu'honnête homme

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