‹ Œuvres choisies de Marsollier. Précédées d'une notice sur sa vie et ses écrits par la Csse d'Hautpoul, sa nièceChapitre 53 sur 184 · LES PRÉCÉDENS, UN DOMESTIQUE · texte numérisé non relu

LES PRÉCÉDENS, UN DOMESTIQUE

LE DOMESTIQUE , remettant à Alfred un papier.

Monsieur votre oncle vous envoie ce paquet qu'il vient de recevoir.

COMÉDIE. ia3

ALFRED , regardant.

Du ministre de la guerre ! bon! c'est le congé que je lui ai demande'.

M. DE NERVAN, inquiet.

Vous avez demandé un congé ?

ALFRED

Oui , pour rester à Paris , et il fait bien de me le donner , car sans cela. . . ma foi... (il lit. ) Ah! ah ! il est aimable , ce ministre , il me refuse tout net , et il ne se contente pas de cela , il m'ordonne de rejoindre , sous vingt-quatre heures , mon régiment.

M. DE NERVAN.

C'est que votre présence y est nécessaire.

ALFRED , avec humeur.

C'est très possible ; mais je n'irai pas.

M. DE NERVAN, vivement.

Vous l'oseriez ! vous sacrifieriez votre état à une fantaisie de jeune homme , à un caprice !

ALFRED

Monsieur Clermont , doucement, je vous prie.

M. DE NERVAN , se remettant.

Excusez . . . mais si vous saviez le motif qui me fait parler...

ALFRED

Je m'en doute ; c'est le zèle ; mais qu'il soit moins vif , car je veux être toujours de vos amis. Je sens bien que si la guerre était déclarée , que si le Roi avait besoin de mes services , un officier ne pourrait pas. . . Oui, vous auriez raison. . •

Eh bien î j'en parlerai à Mathildc. Elle concevra la nécessité de cette séparation , bien cruelle , il est vrai ; mais qui peut ne pas durer long-temps... Je lui parlerai , et j'ose déjà t' assurer que tu seras content d'elle et de moi.

M. DE NERVAN, à part.

Je Kespire !

ALFRED

Je l'entends ; laissez-nous ; je vais tout arranger pour satisfaire à- la-fois l'amour tendre qu'elle m'inspire et l'amitié sincère que tu viens de me montrer.

M. DE NERVAN, s'en allant , à part.

Si sa tête valait son cœur , il serait charmant.

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