‹ Œuvres choisies de Marsollier. Précédées d'une notice sur sa vie et ses écrits par la Csse d'Hautpoul, sa nièceChapitre 54 sur 184 · ALFRED, MATHILDE · texte numérisé non relu

ALFRED, MATHILDE

ALFRED

Ma chère Mathilde , je compte sur votre courage.

MATHILDE , souriant.

Mon courage ! vous m'effrayez , car je n'en ai jamais eu beaucoup.

ALFRED

Il vous en faut aujourd hui ; un ordre supérieur me force de partir.

Me voilà prête à vous suivre.

ALFRED

C'est impossible ; que dirait-on ?

COMÉDIE. tâS

MATHILDE

Que j'accompagne mon époux ; oui , sans doute , que l'hymen nous unisse , et aucune considération ne pourra alors m'obliger de vous quitter.

ALFRED

Les ordres sont positifs, mon devoir ne me permet pas de différer mon départ.

MATHILDE

Ni mon amour de vous laisser partir.

ALFRED

Mais le ministre . . .

MATHILDE

S'il a été jeune et amoureux , il vous excusera.

ALFRED

L'état que j'ai embrassé...

MATHILDE

Est superbe , et je l'adore , pourvu qu'il ne m'enlève pas mon époux...

ALFRED

L'honneur !

L'honneur! et n'est-ce pas de l'honneur aussi que de tenir ses engagemens?

ALFRED

Ce n'est qu'un retard de quelques mois.

MATHILDE, désolée.

Non , Monsieur , une rupture éternelle !

ALFRED

Eh ! pourquoi ? me croyez-vous capable ?

ia6 L'A\I1 CLEKMOM,

MATHILDE

De tout, puisque vous ave/, pu un seul instant vouloir me quitter.

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