‹ Œuvres choisies de Marsollier. Précédées d'une notice sur sa vie et ses écrits par la Csse d'Hautpoul, sa nièceChapitre 65 sur 184 · SCÈNE VIL M. DE NERVAN , ALFRED · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL M. DE NERVAN , ALFRED

Je n'ai pas voulu, devant vos amis, vous dire que vos créanciers , voyant que vous ne pouvez pas les satisfaire, ont obtenu l'ordre de vous faire arrêter.

ALFRED

Mon oncle souffrirait-il que chez lui. . .

M. DE NERVAN.

Il a déjà payé trois fois vos dettes.

ALFRED

C'est vrai ; mais au moins, je puis espérer que par la prévoyance de Balzac , ma lettre au ministre est restée entre vos mains?...

M. DE NERVAN , feignant.

Que dites-vous ? Ignorant de quoi il était question , j'ai du exécuter les ordres que vous m'aviez donnés.

AFLRED, désolé.

Elle est partie ; je suis perdu ! le généreux dévouement de mon ami ne sera pas même récompensé!... Est-ce tout, Clermont :"

M. DE NERVAN.

Je le voudrais!

COMÉDIE. ï49

ALFRED, étonne.

Qu'y a-t-il donc encore?

C'est ici qu'il faut vous armer de tout votre courage... Vous avez su que M. de Lercour avait mandé à votre père votre dérangement ?

ALFRED

Oui, et je conçois qu'il doit dire furieux, indigné.

M. DE NERVAN.

Hélas! cet écrit vous dira quelles sont ses dispositions.

(M. de Nervan est très ému en lui donnant la lettre.) ALFRED.

Tu trembles? Celte lettre est donc... Donne, que je lise ses reproches.

« Instruit de tous vos désordres, et ne pouvant » vous croire aussi coupable , j'ai voulu en juger » par moi-même. Je suis venu en France avec » mon fidèle Clermont, sans instruire personne » de mon projet. J'espérais que mon frère m'avait » exagéré vos torts ; depuis mon arrivée , tout » m'a confirmé le malheur qu'on m'avait annoncé ; » j'ai voulu cependant vous adresser celui qui a » toute ma confiance ; il n'a été témoin que de » nouvelles fautes.. .Vcus avez négligé ses avis... les » miens!... car il vous parlait par mon ordre.. .Vous » êtes sans fortune !.. . Un fol amour vous a fait » renoncer à votre état, à l'estime publique, à la » vôtre ! Comment pourrais -je vous avouer pour

L'AMI CLERMONT, * mon fils? Non, je pars; je vais tâcher d'oublier » que je fus père... Alfred , si vous avez un cœur, » pleurez sur vous, pleurez sur moi!... Nous ne » nous reverrons jamais !.. »

( Il est accable. ) M. DE NERVAN , à part, en larmes.

Ah! que celle lellre est dure! lue par lui!. . . N'importe ! suivons notre épreuve.

ALFRED , accable', se jette sur une ebaise en finissant sa lettre.

Clermont, cVst mon arrêt, je le vois : il ma inaudit eu partant! . . .

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