‹ Œuvres choisies de MercierChapitre 142 sur 272 · ACTE I, SCENE VIII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE VIII

cées!... Je donnerai mes ordres pour qu'on lui ferme la porte. C'est bien pour la dernière fois que j'y serai pris.

M U L s O N , regardant sortir YaDgleiine.

C'est, parbleu! lui.

DORTIGNI.

Vous venez me délivrer à propos. Que n'êtes-vous arrivé il y a une demi-heure.

MULSON, à part.

On le congédie froidement, on ne le reconduit seulement pas , on le salue à peine. Me serai-je trompé ?

(A M. Dortigni, en s*approchaiit. ) CounaisSCZ-VOUS CCt llOmmC

qui sort de chez vous?

DORTIGNI.

Faiblement.

MULSON.

Oh ! je le vois bien.

DORTIGNI.

A combien sur Hambourg?

MULSON.

Cent quatre-vingt-cinq. Dites-moi , vous ne saviez donc pas à qui vous parliez tout à l'heure?

DORTIGNI.

Pardonnez-moi.

MULSON.

Et vous ne reconduisez pas respectueusement un tel personnage?

DORTIGiyt.

Vous voulez rire.

a44 L'HABITANT DE LA GUADELOUPE.

MULSON.

Non, parbleu! je ne ris pas. Mais votre conduite envers ce particulier a droit de m'étonner... Je mettrais ma main au feu que vous ne le connaissez pas.

DORTIGNI.

Je vous dis que je le connais.

MULSON.

Et vous le traitez ainsi!... un des plus riches particuliers du royaume?

DORTTGNI.

Vous avez des visions, mon cher Mulson. Avezvous remarqué son habit?

MULSON.

Oui, son habit m'a un peu surpris; mais il est original dans sa conduite, et cela n'empêche point que, sous cet habit , ce ne soit le fameux Dourville de. la Guadeloupe.

DORTIGNI, riant.

•Ah, ah, ah! Comme vous vous méprenez, mon cher ! Cet homme se nomme Vanglenne , et sa fortune est des plus minces.

MULSON.

Vanglenne ou Dourville, le nom n'importe; je connais l'individu, et cet individu est riche et opulent.

DORTIGNI.

Et moi, je vous dis que cet homme est dans l'indigence la plus extrême.

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