‹ Œuvres choisies de MercierChapitre 213 sur 272 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

PIRLON.

C'est un grand comédien... Quand vous aurez augmenté la liste de celles qu'il a abusées, il sera trop tard alors de gémir... Prévenez, prévenez...

ISABELLE

Qu'entends-je !... je me sens mourir... Mais c'est à moi de l'emporter sur mes rivales par ma constance et par ma tendresse.

PIRLOjy. ,

Et si votre mère venait à connaître votre'passion , l'approuverait-elle ?

ISABELLE

•De grâce, ne lui révélez pas mon secret.... Si elle le devinait, je serais perdue.

PIRLON.

On peut tout me confier... D'autres sect-ets bien plus importans m'ont eu pour fidèle dépositaire... Je ne dirai donc rien; mais c'est à une petite condition.

Une condition ! et quelle est-elle ?

PIRLON.

Elle est fort légère, et, de plus, facile à remplir: j'exige que vous me donniez votre parole de ne point représenter aujourd'hui dans la comédie de YlmpoS' leur y sans quoi je cours à votre mère , lui faire un tableau de votre conduite , et lui donner des conseils à ce sujet.

ISABELLE

Vous seriez assez perfide?... Hélas! je ne crains que cela dans le monde.

PIRLON.

Choisissez... Vous gardez le silence?.,. Adieu...

ISABELLE, Tarrétant.

Monsieur Pirlon, monsieur Pirlon, je ne jouerai point dans la comédie de Y Imposteur; je vous le promets; mais promettez -moi aussi que vous ne direz rien à ma mère.

( Elle sort. )

Page 1