‹ Œuvres choisies de MercierChapitre 234 sur 272 · ACTE III, SCENE V · texte numérisé non relu

ACTE III, SCENE V

LE COMTE, d*un air important.

Molière ira-t-il à la postérité?

LE MARQUIS

J'en doute.

LE COMTE

Comme il a souvent traduit plusieurs morceaux de Plante et de Térence, il pourra vivre par ces endroits là ^.

LE MARQUIS

Je ne le crois pas , les modèles l'écraseront toujours. Il n'y a que les modèles qui subsistent... On ne lira pas Molière dans vingt-cinq ans.

LE COMTE

Il ira un peu plus loin.

LE MARQUIS, affirmati7ement.

Il n'ira pas : j'ai là dessus un tact!... Si jamais un de nous déroge jusqu'à écrire, en se jouant le matin ^ je vous garantis qu'il tracera , seulement de mémoire , des caractères que nos messieurs les auteurs de Paris, avec leur vue courte, ne soupçonnent même pas. Molière sera anéanti de manière qu'on n'en parlera plus. Il pourra rouler encore entre les mains de l'épaisse bourgeoisie , qui aime la grosse gaîté , mais il ne se lira pas dans l'antichambre.

I. Dans la pièce de Tauteur italien, c'est Baron qui est eu scèoe avec un certain comte de Lasca qui, plein d'ignorance, affecte de TéruditioD. Au lieu de dire, les Adelphes de Téreoce, il dit, les Adolphes. Là dessus. Baron le reprend : il en résulte une dispute sérieuse, dans laquelle le Comte , après l'avoir traité d'histrion, le menace du bâton.

LATHORILLIERE.

En ce cas , le cœur humain aura donc bien changé.

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