SUR LE SUJET ET SUR LA PIECE
Voici ce que Grimarest, dans sa Vie de Molière, rapporte des amours et du mariage de ce grand homme avec la jeune Béjart.
ft On ne pouvait souhaiter une situation plus heureuse que celle où il était à la cour et à Paris depuis quelques années. Cependant il avait cru que son bonheur serait plus vif et plus sensible s'il le partageait avec une femme; il voulut remplir la passion que les charmes naissans de la fillje de la Béjart avaient nourrie dans son cœur , à mesure qu'elle avait crû. Cette jeune fille avait tous les agrémens qui peuvent engager un homme, et tout l'esprit nécessaire pour le fixer. Molière avait passé, des amusemens que l'on se fait avec un enfant, à l'amour le plus violent qu'une maîtresse puisse inspirer ; mais il savait que la mère avait d'autres vues qu'il aurait de la peine à déranger. C*ëtait une femme altière et peu raisonnable, lorsqu'on n'adhérait pas à ses sentimens; elle aimait mieux être l'amie de Molière que sa belle-mère; ainsi, il aurait tout gâté de lui déclarer le dessein qu'il avait d'épouser sa fille. Il prit le parti de le faire sans en rien dire à cette femme; mais, comme elle l'observait de fort près, il ne put
y Série, tome XXXVI. a?
4i8 NOTICE HISTORIQUE
consommer son mariage pendant plus de neuf mois : c'eut été risquer un éclat qu'il voulait éviter sur toutes choses, d'autant plus que la Béjart, qui le soupçonnait de quelque dessein sur sa fille, le mena^it souvent en femme furieuse et extravagante, do, le perdre, lui, sa fille, et elle-même, si jamais il pensait à l'épouser. Cependant la jeune fille ne s'accommodait point de l'emportement de sa mère , qui la tourmentait continuellement , et qui lui faisait essuyer tous les désa^rémens qu'elle pouvait inventer; de sorte que cette jeune personne, plus lasse, peut-être, d'attendre le plaisir d'être femme, que de souffrir les duretés de sa mère , se détermina un matin de s'aller jeter dans l'appartement de Molière, fortement résolue de n'en point sortir qu'il ne l'eût reconnue pour sa femme , ce qu'il fut contraint de faire. Mais cet éclaircissement causa un vacarme terrible ; la mère donna des marques de fureur et de désespoir , comme si Molière avait épousé sa rivale , ou comme si sa fille fût tombée entre les mains d'un malheureux. Néanmoins il fallut bien s'apaiser ; il n'y avait point de remède , et la raison fit entendre à la Béjart que le plus grand bonheur qui pût arriver à sa fille, était d'avoir épousé Molière, qui perdit, pjar ce mariage, tout l'agrément que son mérite et sa fortune pouvaient lui procurer^ s'il avait été assez philosophe pour se passer d'une femme. »
Il y a une rectification bien importante à faire à ce récit de Grimarest: elle consiste en ce que mademoiselle Béjart, que Molière épousa , n'était point la fille , mais la sœur de Magdeleine Béjart.
Molière se lia avec la famille Béjart en i645) à l'époque où il forma sa troupe pour la province. Il avait déjà, quelque tems auparavant, fait connaissance de Magdeleine Béjart, qui était née la même année que lui , et il avait depuis lors tou-
jours été dans une grande intimité avec elle. Celle-ci , avant de le connaître , avait eu une petite fille avec un gentilhotnme avignonnais, nommé Modène; mais cette petite fille n^était point mademoiselle Béjart qui épousa • Molière. Armande Béjart était le nom de celle-ci , qu'il a plu à Crpldoni et à Mercier de nommer Isabelle, Elle avait quatorze ou quinze ans en i653, au moment du départ de Molière pour Lyon. Il l'épousa en 1662, et alors des malveillans osèrent répandre le bruit qu'il s'était uni non seulement à la fille de sa propre maîtresse , mais même à sa propre fille. L'auteur Montfleury eut l'infamie de présenter une pétition au Roi, où, afin de faire ôter à Molière le privilège d'une troupe rivale de la sienne, il allait jusqu'à le dénoncer comme incestueux. Molière méprisa toute sa vie ces imputations. Ce crime a été commis quelquefois, il est vrai, par des hommes reâiarquables; mais, pour qu'on puisse en charger la mémoire de Molière , il faudrait d'autres preuves que des allégations vagues.
Cependant on a ignoré jusqu'à ces derniers tems qu'Armande Béjart, devenue sa femme, était la sœur de là Béjart, qui avait épousé secrètement Raymond, seigneur de Modètie. C'est à M. Beffara, auteur d'une dissertation sur Poquélin de Molière, publiée en 1821, que l'on doit cette précieuse découverte. Aussi infatigable qu'ingénieux dans ses recherches pour tout ce qui a rapport au père de la comédie , il est venu à bout de trouver son acte de mariage : il ne sera point inutile de le rapporter ici.
(c Jean-Baptiste Poqiielin , fils du sieur Poqueliti et de feue u Marie Cressé, d'une part; et Armande-Grésinde Béjart, fille « de feu Joseph Béjart et de Marie Hervé j d'autre part; tous « deux de celte paroisse , vis-à-vis le Palais-Royal , fiancés et
« mariés y tout ensemble, par perraissioo de M. de Comtes, « doyen de Notre-Dame , et grand-Ticaire de monseigneur te m cardinal de Retz, archevêque de Paris, en présence dndit « Jean Poquelin, père du marié, et de André Boudet, beau- « frère du marié, de ladite Marie Hervé, mère de la mariée, « Louis Béjart et ifagdeleine Béjart , frère et sœur de la<(te c mariée. »
Suivent les signatures.
D'après un renseignement si positif, on pourrait regarder comme un roman tout ce que Grimarest a raconté de l'opposition de la Béjart au mariage de Molière. Il n'est pas impossible pourtant que la jeune Armande Béjart , se trouvant dans la dépendance de sa sœur aînée , et accoutumée à plier sous ses volontés , n'ait éprouvé de sa part toutes les persécutions dont parle Grimarest. D'autres auteurs nous apprennent, d'ailleurs, que Magdeleine Béjart, qui avait été la maîtresse de Molière, ne le voyait qu'avec un grand dépit chercher à former des nœuds si étroits avec Armande Béjart , et qu'elle s'y opposa long-tems de tout son pouvoir.
Les grands hommes, qui sont si admirables par leurs actions ou leurs ouvrages, sont quelquefois très répréhensibles dans leurs mœurs. Personne n'a songé à blâmer Molière de ce que Ton désapprouverait dans un particulier ordinaire. Sans parler de la liberté de mœurs dans laquelle il vivait , et qui est tellement inhérente à la profession de comédien , qu'on ne peut guère en faire un reproche à ceux qui s'y laissent entraîner , il ne payait guère de reconnaissance une femme qui avait couru avec lui la carrière théâtrale, qui l'avait suivi partout, qui avait partagé sa bonne ou sa mauvaise fortune , et qui avait contribué à la prospérité de son théâtre , ^insi qu'au succès de ses pièces par ses talens, qui enfin avait passé
avçclui une partie de sa jeunesse, et avait renoncé à toute autre prétention que celle d'unir son sort au sien. Il est des liens qui , pour n*étre pas autorisés civilement , n'en sont pas moins légitimes pour les âmes délicates, et dont la reconnaissance et le sentiment ont fait un devoir , à défaut des lois sociales. L'inconstance de Molière fut l'effet naturel des habitudes de relâchement qu'il avait contractées dans la sphère de dépravation de mœurs où il vivait, et doit être regardée comme un acte d'ingratitude de sa part. Si Magdeleine Béjart, d'ailleurs, eut vraiment de l'attachement pour lui , il n'évita guère les occasions de la blesser profondément. Il vécut long-tems sous ses yeux avec mademoiselle de Brie , l'une de ses camarades. Madame Béjart avait eu beau faire éclater tous les transports de la jalousie la plus violente, elle tie fut pas moins obligée, par le despotisme de son amant, à vivre sous le même toit que sa rivale , qui pourtant semblait vouloir lui faire oublier la préférence qu'elle avait obtenue sur elle , par mille prévenances délicates. Au surplus, il est difficile de prononcer un jugement sur la conduite de Molière. La Béjart, dit-on , naturellement triste et grondeuse , n'avait peut-être pas les qualités propres à faire son bonheur, et, sur ce cha-^ pitre, les hommes les plus austères sont comme les autres. La vertu ne peut rendre fidèle aux dépens du repos de la vie. Si , par une indécision qu'on ne peut attribuer qu'à une espèce de crainte et de faiblesse, Molière n'osa long-tems s'éloigner d'une femme dont il avait été aimé depuis sa plus tendre jeunesse, il finit à la longue par s'en séparer tout à fait, et ce fut son union avec la jeune sœur de cette femme , qui consomma ce divorce. Mais , si la vengeance plaisait au cœur de Magdeleine Béjart, elle dut être satisfaite; Molière fut le plus malheureux des hommes avec sa femme. Grimarest ra-r
conte aussi cç qu'il souffrit avec elle : « Celle-ci ne fut pas « plus tôt Qifidame de MoUère , qu'elle crut être au rang d'fine « duchesse; et eUe ne se fut pas plus tôt donnée en spectacle à « la comédie, que le courtisan désoccupé lui en co;nta. Il est « bien difficile à une comédienne , belle et soigneuse de sa « personne , d'observer si bien sa conduite , que l'on ne puisse « l'attaquer. Qu'une comédienne rende à nn grand sdgneur « les devoirs qui lui sont dus , il n'y a point de miséricorde , « c'est son amant. Molière s'imagina que toute la eour, toute « la viUie en voulait à son épouse. EUe négligea de l'en désa- «( buser; au contraire, les soins extraordinaires qu'elle prenait « de; SA parure, à ce qu'il lui semblait, pour tout autre que « pour lui, qui ne demandait point tant d'arrangement, ne « firent qu'augmenter sa jalousie. Il avait beau représenter à «( sa fenjmc la manière dont elle devait se conduire pour passer « heureusement la vie ensemble , elle ne profitait point de ses <« leçons., qjai lui paraissaient trop sévères pour une jeune « personne qui , d'ailleurs , n'avait rien à se reprocher. Ainsi» « Molière, après avoir essuyé beaucoup de froideurs et de « dissensions domestiques , fit son possible pour se renfermer « dans spn travail et dans ses amis , sans se mettre en peine de « la conduite de sa femme. »
Cette femme qui inspira une si forte pass^ion à Molière , et qui fit son malheur, n'était pourtant pas d'une beauté régulière ; mais, ce ne. sont pas toujours les seuls 'dons de la nature qui inspirent les penchans les plus forts. Voici le portrait que Molière a fait lui-même de sa femme à une époque où elle lui avait causé beaucoup de chagrin : « Elle a les yeux petits , <( mais elle les a pleins de feu , les plus brillans, les plus perçans « du monde , les plus touchans qu'on puisse voir. Elle a la « bouche grande , mais on y voit des grâces qu'on ne voit point
« aux autres bouches. Sfa taille n'est pas grande , mais elle est « aisée et bien prise. Elle af&cte une nonchalance dans son « parler et dans son maintien , mais elle a de la grâce à tout « cela, et ses manières ont je ne sais quel chairme à s'insinuer « dans, les cœurs. Enfin , son esprit est du plus fin* et du plus • délicat; sa conversation: e&t charmante ; et si elle est capri-^ « eieuse autant que personne du monde , tout sied bien aux «( belles , on souffre tout des. belles. »
« Élève de Molière , dit M. Aimé Martin , elle devint ime exGetienie> actrice : sa voix était si touchante , qu'on eût dit , suivant un contemporain , qu'elle avait véritablement dans le cœqr la passion qui n'était que dans sa bouche. Le même autour trace ainsi son- portrait et celui- de La Grange. « Remar- « quez, dît-il^, que Molière et La Grange font voir beaucoup « de jugement dans leur récit, et que leur jeu continue encore, « lors même que leur rôle est fini. Us ne sont jamais inutiles « sur le théâtre: ils jouent presque aussi bien quand ils écou- « tent, que- quand ils parlent: Leurs- regards ne sont pas dis- «sipés, leurs yeux ne parcourent pas les loges. Us savent « que leur sallei est remplie , mais ils parlent et ils agissent « oon)mes'il& ne voyaient pas ceux qui ont part à leur action; « ils sont propres ett magnifiques sans rien faire paraître d'af- « fecté. I4s ont soin de leur parure, et ils n'y pensent plus « dès qu'ils sont sur la scène , et si la Molière retouche par- « fois à ses cheveux , si elle raccommode ses ncéuds et ses pier- « rerieç, ces petites façons cachent une satire judicieuse et 1 naturelle. Elle entre par là dans le ridicule des femmes qu'elle <t veut jouer; mais enfin, avec tous ces avantages, elle ne plai- « rait pas tant, si sa voix- était moins touchante; elle en est si « pei*suadée elle-même, que l'on voit bien qu'elle prend autant « de divers tons, qu'elle a de rôles différens. «
Depub long-tems la Béjart n'était plus aimée : mademoiselle de Brie lui avait enlevé le coeur de Molière ^^et peutêtre qu'elle finit par voir avec plaisir l'inclination que sa sœur avait inspirée à Molière, comme un moyen de se venger de son ancien amant et de son ancienne rivale. Le mariage se conclut sans que mademoiselle de Brie fît aucun éclat; et si les emportemens de Magdeleine Béjart sont vraisemblables y le mariage ne fut point secret, comme le dit Grimarest : l'acte que nous avons rapporté ci-devant en est la preuve. Du reste, les deux maîtresses douairières de Molière , si l'on peut les appeler ainsi, continuèrent à demeurer dans la même maison que lui ; « et ( comme l'a observé M. Petitot ) celui-ci , par « une faiblesse inexcusable , garda trois femmes qui avaient eu (c sur lui les mêmes droits : ce n'était pas le moyen d'avoir « la paix, u
Mercier, d'après Goldoni, a rapproché dans la pièce deux évènemens qui pourtant ont été assez éloignés l'un de l'autre : la mariage de Molière et la représentation du Tartufe. Cette pièce fut jouée en 1667, et il y avait déjà plus de cinq ans que Molière était marié. On ne peut disconvenir qu'il n'y ait de l'inconvénient à tronquer ainsi les faits , même dans une pièce de théâtre. Un pareil anachronisme ne peut que lui nuire beaucoup dans l'opinion des spectateurs instruits qui la voient leprésenter ; et un pareil défaut ne peut être racheté que par un grand intérêt, des scènes piquantes et des caractères bien exprimés. On verra, dans l'exameu que nous ferons de la pièce, si ces conditions sont bien remplies.
Ce qui est conforme à la vérité historique , c'est la défense (]ui fut faite déjouer Y Imposteur, le lendemain de la première représentation, qui eut lieu le 5 août 1667. Ce fut le président de Lamoignon qui, au nom du parlement de Paris, fit signifier
à la troupe de Molière la défense de jouer cette pièce. Molière en avait cependant obtenu la permission du roi; mais comme elle avait été donnée verbalement, il ne put la représenter , et il fut obligé de solliciter un nouvel t)rdre de Sa Majesté.
A cet effet, Molière envoya lia Grange et Latborillière auprès de Louis XIV, alors au siégé de Lille, pour réclamer contre l'injustice de cette mesure , et lui présenter un second placet. Ces deux comédiens obtinrent un ordre par écrit avec la signature du roi. Ils mirent à remplir leur mission depuis le 8 août jusqu'au a 5 septembre. Pendant tout ce tems , le théâtre de Molière resta fermé, par suite de la défense du parlement. C'était une grande sévérité : il fallait que la colère des ennemis de ce grand homme fût bien enflammée , et leur crédit bien grand.
Le personnage de Pirlon est entièrement de l'invention de Goldoni. Il n'y a rien dans tout ce que Ton a écrit sur la vie de Molière , qui indique qu'il ait eu la moindre relation avec un hypocrite de cette espèce. D'ailleurs , ses pareils étaient en grand nombre du tems de Louis XIV; et l'on rencontrait partout de ces dévots vrais ou faux qui avaient le costume des abbés ou approchant.
Voici ce que les frères Parfait rapportent de Lathorillière : « Cet acteur, gentilhomme et capitaine de cavalerie, se sentit un goût si décidé pour jouer la comédie , qu'il se détermina à demander au roi la permission d'entrer dans la troupe de Molière : le roi, surpris de cette demande, lui donna quelque tems pour faire ses réflexions. Lathorillière persista dans son dessein, et Sa Majesté consentit ^ ce qu'il se fît comédien. Il entra dans la troupe de Molière au mois de mai i66a. Il était grand et fort bel homme , et jouait admirablement bien les
4aO NOTICE HISTORIQUE
rôles de rois et de paysans. Cependant on remarquait un défeut en lui , qui était d'avoir un visage riant dans les passions les plus furieuses et les situations les plus tristes. » ( Hist. du Tbédt. Franc, y t. XI, p. 3 26.)
Molière a réellement eu une servante nommée La Forest; c'est celle à qui il lisait quelques-unes de ses pièces, telles que y École des femmes y le Médecin malgré lui^ Pourceaugnac y et le Bourgeois gentilhomme, Boileau lui a donné une espèce d'immortalité dans le passage suivant de ses réflexions critiques:
« On dit que Malherbe consultait sur ses vers jusqu'à Toreille « de sa servante; et je me souviens que Molière m'a montré « aussi plusieurs fois une vieille servantç qu'il avait chez lui, « et à qui il lisait , disait41 , quelquefois ses comédies ; et il « m'assurait que , lorsque des endroits de plaisanterie ne « l'avaient point frappée, il les corrigeait, parce qu'il avait ff plusieurs fois éprouvé sur son théâtre que ces endroits n'y « réussissaient point. »
Le nom de Leshin , que Goldoni et Mercier ont donné au domestique de Molière, est imaginaire. Le seul de ses domestiques mâles dont le nom ait été conservé est un Godemer , lourdaud très maladroit, qui impatientait son maître par ses balourdises. Il lui mettait souvent ses bas à l'envers quand il le chaussait.
La Maison de Molière a été attribuée par beaucoup de gens à un Alphonse Guys , qui a été consul en Turquie , et qui aurait, dit-on, mis sa pièce sous le nom de Mercier. Nous ne savons sur quoi peut être fondée cette assertion, que l'on trouve d^ailleurs dans plusieurs biographies; la préface seule de la pièce suffirait pour la détruire. On y reconnaît le style de l'auteur du Tableau de Paris. Seulement, ce qui a pu accréditer cette opinion , c'est que Mercier , dans son Essai sur
l'art dramatique y publié en 1773, avait parlé de Molière avec si peu de prédilection , qu'on dut trouver une contradiction entre cet ouvrage et la préface de la pièce où il en parle avec enthousiasme.
Le véritable titre de l'ouvrage serait la Journée du Tartufe, A la première représentation, les comédiens imaginèrent de jouer la pièce même du Tartufe , et ce n'est qu'après les cinq actes de ce chef-d'œuvre qu'ils donnèrent le dernier acte du nouveau drame. Celte idée n'était pas heureuse, elle nuisit beaucoup à la nouvelle pièce , dont elle rendit le succès équivoque. On n'écouta même la pièce de Molière qu'avec distraction et ennui.
Le. rôle de Molière fut rempli par Fleury;. celui de Chapelle y par Naudet; celui de Lathorillière , par M. Saint-Fal; celui de Pirlon y par Larochelle ; celui du Marquis y par Florence y celui du Comte ^ par Dumont ; celui d'Isabelle , par madame Petit, qui prit exactement la coiffure du tems, et ressemblait beaucoup, sous son co^uDoe, au portrait de Ninon par Petitot; celui de La Forest, par madame Bellecourt; et celui de Lesbin, par Belmont
EXAMEN