‹ Œuvres choisies de P. de RonsardChapitre 109 sur 462 · Étrange-^. — Signifie : étrangers. Sens primitif disparu · texte numérisé non relu

Étrange-^. — Signifie : étrangers. Sens primitif disparu

Que le Ciel, large donneur, Ayant quelque soin de loy, T'a départy comme à moy, Versant sur ta langue sage Un sainct trésor de beaux vers, Afin que son doux message S'espande par Tuniv^ers.

Antistrophe

Maint chemin nous peut attraire ' Pour venir à la vertu ; D'un bien un tel est vestu, L'autre d'un autre au contraire.

Premier ^ j'ay dit la façon D'accorder le luth aux odes, Et premier '' lu t'accommodes A la tragique chanson, Espouvantant d'un grand son Et d'un stile tel qu'il faut Nostre françois eschafaut '' ; Des grands princes misérables

1. Attraire {\ni\n : Attrahere). — Signifie : altirtr. Vieux, encore fréquent au xvi« siècle :

i< Qu'il feroit bon devers toy se retraire, Qui tous enfans de vertu veulx attraire. »

(U. Marot, p. 341, édit. Voizard.)

2. Premier. — Eu eftct c'est Ronsard qui a introduit Yode en français (voir plus haut).

3. Premier. — De Baïf a traduit en vers français : VAntigone de Sophocle; la Médée d'Euripide (qui est perdue); le Plutus d'Aristophane: y Eunuque de Térence, en lo6:3, et, le 28 janvier 1567, il fit représenter le Brave, imité de Plante, en l'hôtel de Guise et devant le roi, s'élevant avec plus de succès que Remy Belleau au style tempéré de la comédie.

4. Eschafaut. — Ce substantif a encore ici son sens premier à'estrade, et par suite de lieu élevé d'où l'on joue une pièce de théâtre, et enfin ûi théâtre; sens encore usité au xv!"" siècle. « Les

ODES. - r. 73

Traînant en long les regrets Par tonnerres exécrables Bruyans es' tragiques Grecs.

Epode

D'esprit et d'art volontiers En tout dilTerens nous sommes :

Ne^ deux ne quatre mestiers Ne nourrissent pas les hommes ; Mais quiconque a le sçavoir, Celuy doit l'honneur avoir^ 0 Baïf, la plume pronte A vouloir monter aux cieux D'un vol qui la mort surmonte Trompe l'enfer odieux '.

poètes tragiques, du chafault où ils jouoient leurs tragédies, espandirent... » (Âinyot, Thésée, 18.)

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