‹ Œuvres choisies de P. de RonsardChapitre 120 sur 462 · Œuvre. — Ce substantif était alors souvent masculin · texte numérisé non relu

Œuvre. — Ce substantif était alors souvent masculin

8. Angevin. — C'est-à-dire de Du Bellay (né en Anjou). Le poète * veut dire qu'il vient d'entreprendre un genre de poésie plus élevé, 'î Vépopée, et qu'il laisse à Du Bellay le soin d'écrire des vers plus i légers, plus faciles.

Qui depuis moi t'a si bien fredonnée Qu'à lui tout seul la gloire en soit donnée.

Certainement celuyque' les chansons Paissent -, ravy du plaisir de leurs sons, Ne sera point haut estimé pour estre Ou à l'escrime ou à la luittc* adestrc*, Ni de laurier couronné ne sera, Car l'arme au poingt jamais n'abaissera L'orgueil des rois ni la fureur des princes, Portant vainqueur le feu dans leurs provinces.

Mais ma Gastine, et le haut crin des bois Qui vont bornant mon fleuve vendomois.

Le dieu bouquin^ qui la Neufaune entourne, Et le saint chœur qui en Braye" séjourne, Le feront tel que par tout l'univers Il se verra renommé par ses vers.

Tant il aura de grâce en son pouce Et de fredons fils de sa lyre douce.

Déjà, mon luth, ton loyer tu reçois.

Et ja déjà la racé. des François Me veut nombrer entre ceux qu'elle loue, Et pour ' son chantre heureusement m'avoue.

1. Celui que. — Le reste de l'ode est imité de la3^o(Ze, liv. IVd'Horaco.

2. Paissent (latin : pascere). — Sens primilif : nourrir. Cf. Horace : Odes, IX, m.)

3. Luilte. — Ancienne forme, c'est aujourd'hui : lutte. (yoh'Gloss.) i. Adestre. — Signifie . adroit. (Voir Glossaire.)

"i. Bouquin. — C'est-ù-dire: le sa///re... (antique divinité champêtre). 6. Hrai/e.— La Neuraune,Braye sont des dépendances de sa demeure. 1. Et pour... — Cf. Horace :

« Romx, principis iirbiwn, Dignatur soboles inter amabiles Vatum ponere me choros. »

{OdiS, I. II, 4.)

0 Galliope, ô Cleion, ô les Sœurs, Qui de ma Muse animez les douceurs, Je vous salue et re-salue encore, Par qui mon roi et ses princes j'honore!

Par toy je plais, et par toy je suis leu ; C'est toy qui fais que Ronsard soit esleu Harpeur' François, et, quand on lé rencontre, Qu'avecle doigt par la rue on le monstre*. Si je plais donc, si je sçay contenter. Si mon renom la France veut chanter.

Si de mon front les estoilles je passe ^ Certes, mon luth, cela vient de ta grâce *.

1. Harpeur. — C'est-à-dire : joueur de harpe. (Voir Glossaire.)

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