‹ Œuvres choisies de P. de RonsardChapitre 16 sur 462 · Utiles. — Paris, G. Buon, 1563, in-4o · texte numérisé non relu

Utiles. — Paris, G. Buon, 1563, in-4o

2. Approbation. — Chacun des premiers chants fut soumis isolément au roi.

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on entre dans la chaudière. » Puis Charles IX, qui aurait pu l'écouler, était en proie aux remords dun massacre odieux et inutile, et il allait mourir. Ronsard voyait donc loutes ses peines perdues, toutes ses espérances évanouies; il tomba malade et n'eut plus le courage de se remettre au travail pour continuer son œuvre; elle resta inachevée. D'ailleurs Henri 111, qui venait de monter sur le trône, avait d'autres goûts ; il aimait une poésie plus légère ; Desporles devint son poète favori. Ronsard était encore de la cour, le roi savait par cœur de ses vers*, mais notre poète n'avait plus le premier rang; ce qui l'attristait, ainsi que la perte de plusieurs amis qu'il avait vus disparaître : en 1560, Olivier de Magny et du Bellay; en l;i70, Grévin, qui l'avait trahi dès 1563; en 1573, Jodelle et 1S77, son cher Rémi Belleau. R lui restait cependant encore des amis nombreux, bien des protecteurs puissants et beaucoup d'admirateurs, non seulement en France, mais dans toute l'Europe, Elisabeth d'Angleterre lui envoya un diamant de prix, comme témoignage d'estime. En 1575, le Tasse, venu à Paris, à la suite du cardinal d'Esté, lui soumit les premiers chants de sa Jérusalem délivrée. Brantôme nous raconte l'éloge qu'on lui fit de notre poète, à Venise-. R était lu, admiré et commenté dans toutes les écoles, en Italie, en Flandre, en Angleterre. Marie Stuart lui envoya de sa prison, en 1583, par le sieur Nau, son secrétaire, un bufTet qui avait coûté deux mille écus^. Enfin le roi de France le reniait convenablement *, Néanmoins Ronsard renonça au rêve de sa jeunesse, à la

1. Vers. — Le morceau que Henri III avait loué et appris par cœur était l'hymne sur la victoire de Montcontour(édit.P. Blanchemain, t. Y, p. 144).

2. Venise. — Brantôme se trouvait un jour à Venise chez un des principaux imprimeurs et lui demandait un Pétrarque : « Mon gentilhomme, répondit quelpi'un qui se trouvait là, je m'estonne comment vous estes curieux de venir chercher un Pétrarque parmy nous, puisque vous en avez un on vostre France, plus excellent deux fois que le nostre, qui est M. de Ronsard. » {Les Hommes illustres.)

3. Ècus. — Ce meuble était surmonté d'un rocher représentant le Parnasse d'où Pégase faisait jaillir l'Hippocrène, avec cette inscription :

A Ronsard V Apollon de la source des Muses. (P. Bl.) (Voir les Poèmes, plus loin.)

4. Convenablement . — Le roi lui donnait une pension de 12001ivi'e>. En 1381, il lui donna deux mille écus comptants. (P. Bl.)

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Vranciade ; il comprit qu'il ne pourrait être VHomère de la France. Il se contenta désormais d'écrire des vers plus faciles, vivant tantôt à Vendôme, sur les bords du Loir, ou dans les environs, tantôt venant à Paris converser avec ses amis.

« Sa demeure ordinaire estoit à Sainct-Cosme, lieu fort plaisant et comme Iceillet de la Touraine, jardin de France, ou à Bourf^ueil, à cause du déduit de la chasse auquel il s'exerçoit volontiers, et où pour cet exercice il faisoit nourrir des chiens que le feu roy Charles luy avoit donnez ensemble un faulcon et un tiercelet d'autour; comme aussi à Croix-Val, recherchant ores la solitude de la forest de Gasline, ores les rives du Loir et Ja belle fonteine Bellerie ou celle d'Helene, où bien souvent seul, mais tousjours en la compagnie des iMuses, il s'égaroit pour r'assembler les belles inventions, lesquelles, parmy le tumulte des villes et du peuple, s'escartant çà et là comme une semence esgarée de la matrice, ne peuvent si bien se concevoir en nous. Quand il estoit à Paris ' et qu'il vouloit s'esjouir avec ses amis ou composer à requoy,il se delectoit ou à Meudon, tant à cause des bois que du plaisant regard de la rivière de Seine, ou à Gentilly, HercueiP, Sainct- Clou et Vanves, pour l'agréable frescheur du ruisseau de Bievre et des fonleines que les Muses aiment naturellement. Il prenoit aussi singulier plaisir à jardiner, et, sur tous lieux, en sa maison de Sainct-Cosme, où monsieur le duc d'Anjou, qui le prisoit, l'aimoit et admiroit, le fut voir plusieurs fois après avoir fait son entrée à Tours. Il sçavoit assez, comme il n'ignoroit rien, beaucoup de beaux secrets pour le jardinagç, fust pour semer, planter ou pour enter et greffer en toutes sortes, et souvent en presentoit des fruits au roy Charles, qui prenoit à gré tout ce qui venoit de luy. Quand il se meltoit à l'estude il ne s'en retiroit aisément, et lors qu'il en sortoit il estoit assez melancholique et bien aise de rencontrer compagnie recréative; mais lors qu'il composoit il ne vouloit estre importuné de personne, se faisant excuser librement, mesmes à ses plus grans amis.

i. Paris. — Ronsard avait une maison à Paris, située rue des Morfondus, aujourd'hui: rue Neuve-Saint-Elienne-du-Mont. C'était un hôtel somptueux. Au milieu du jardin était un magnifique mûrier à lombre duquel se réunissaient les membres delà Pléiade. (Rochambeau.)

2. liercueil. — C'est à Arcueil surtout qu'allaient les poètes du xvi» siècle; ceux du xyii* siècle iront à Auteuil.

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