Voir le Seizième Siècle en France, p
L'OEUVRE DE RONSARD xxxvii
faut appliquer les éloges qu'adresse Boileau au poète qui
le premier en France,
Fit sentir dans les vers une juste cadence,
et à l'écrivain par qui :
les stances avec grâce apprirent à tomber.
Malherbe ne fit que reprendre en partie les mètres, les rythmes créés par Ronsard. »
Telles furent les principales tentatives de Ronsard; il les faisait à bon escient, après mûre réflexion, et il prend la peine de les préciser, de les définir. Non content d'être poète, il vise au rôle de législateur du Parnasse, il émet des lois et des préceptes, soit en vers, soit en prose. Avant de traiter un genre, il en donne la définition exacte, ainsi : Vode, Vépopée, les mascarades, l'élégie, l'hymne, le poème. Il a même écrit un Art poétique qui peut ne pas avoir grande valeur, mais qui n'en est pas moins curieux. Dans tous ces manifestes, on voit ce que veut le poète, où il tend, quel est le but de sa révolution littéraire. A-t-elle abouti? Ronsard a-t-il su la faire accepter? II convient d'examiner s'il a été non seulement bon architecte mais aussi habile constructeur, s'il a laissé des monuments impérissables et dignes de l'admiration de tous.