‹ Œuvres choisies de P. de RonsardChapitre 220 sur 462 · Pleurer. — Virgile, Enéide, IX, 473 et suiv · texte numérisé non relu

Pleurer. — Virgile, Enéide, IX, 473 et suiv

■2i)-2 OEUVRES CHOISIES DE RONSARD.

de Turne, qui se commence, Is primant ante aciem jusqu'à ces vers Talia jactantem diclis^ ; et la colère d'Hercule tuant Cacus-; et cette lamentable plainte de Mezenze sur le corps mort de son fils Lausus^, et mille autres telles ecstatiques* descriptions, que tu liras en un si divin aulheur, lesquelles te feront poëte, encore que tu fusses un rocher, l'imprimeront des verves, et t'irriteront les naïves et naturelles scintilles^ de l'âme que dés la naissance tu as receuës, t'inclinant plustost à ce mestier qu'à cestuy là : car tout homme dés le naistre reçoit en l'ùme je ne sçay quelles fatales impressions qui le contraignent suivre plustost son destin que sa volonté.

(Les excellens poètes nomment peu souvent les choses par leur nom propreyVirgile, voulant descrire le jour ou la nuict, ne dit point simplement et en paroles nues : Il estoit jour, il estoit nuit; mais par belles circonlocutions:

Postera Phœbea lustrubul lampade (erras, HHmenles(jiie Aiiroru polo dimoverui timbras^.

Puis :

No.r erai el plucidioa curjiebanl fessa soporem Korpora per terras, sylvxque et sœva qtiieranl .ignora ; cum medio volvuntiir sidéra htpsii. Qimin tacet ommis ager, jiecudes, pictœque volnrres '' .

et mille autres. Celte virgiline description de la nuict est

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