‹ Œuvres choisies de P. de RonsardChapitre 232 sur 462 · Virg:ile, Enéide., V · texte numérisé non relu

Virg:ile, Enéide., V

2. Froissis. — SiÊfiiifio : hruit, rlif/iielis. .Mut disparu. (Voir (ilossaire.)

demie ligne, ou une au plus, engravant dans tes vers les principaux outils de son mestier, comme de Misene, qui avoit esté trompette d'Hector, puis avoit tiré la rame de bonne volonté soubs JEnée^ : car c'estoit anciennement l'exercice de grand héros et capitaines, et mesme de ces quarante chevalliers qui allèrent avec Jason en Colchosu Tu seras industrieux à esmouvoir les passions et affections de l'ame^ car c'est la meilleure partie de ton mestier, par des carmes^ qui t'émouvront le premier soit à rire ou à pleurer, afin que les lecteurs en facent autant après toy^.

Tu n'oubliras jamais de rendre le devoir qu'on doit à la divinité, oraisons, prières et sacrifices, commençant et finissant tous tes actions par Dieu, auquel les hommes attribuent autant de noms qu'il a de puissances et de vertus, imitateur d'Homère et de Virgile, qui n'y ont jamais failli.

Tu noteras encores, lecteur, ce poinct qui te mènera droict au vray chemin des Muses : c'est que le poëte ne doit jamais prendre l'argument de son œuvre, que trois ou quatre cens ans ne soient passés pour le moins, afin que personne ne vive plus de son temps qui le puisse de ses fictions et vraysemblances convaincre, invoquant les Muses, qui se souviennent du passé et prophétisent l' advenir, pour l'inspirer et conduire plus par fureur divine que par invention humaine. Tu imiteras les effects de la nature en toutes tes descriptions, suivant Homère. Car, s'il fait bouillir de l'eau en un chauderon, tu le verras premier * fendre son bois, puis l'allumer et le souffler,

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