‹ Œuvres choisies de P. de RonsardChapitre 251 sur 462 · Guerroyant. — C'est-à-dire : quand il fait la guerre · texte numérisé non relu

Guerroyant. — C'est-à-dire : quand il fait la guerre

7. La marine. — Cest-à-dire : la mer. Sens Iréquent dans Ron-

sard.

Et d'un bruit escumeux à l'entour aboyant, Forcenant de courroux, en vagues tournoyant. Ne cesse de les battre, et d'obstinez murmures S'opposer à l'effort de leurs plantes si dures, S'irritant de les voir ne céder à son eau.

Mais quand un mol sablon par un petit monceau Se coucbe entre les deux, il fléchit la rudesse De la mer, et l'invite, ainsi que son hostesse, A loger en son sein : alors le flot qui voit Que le bord luy fait place, en glissant se reçoit Au giron de la terre, appaise son courage, Et la lichant' se joue à l'entour du rivage.

La vigne lentement de ses tendres rameaux Grimpe, s'insinuant aux faistes des ormeaux*. Et se plie à l'entour de l'estrangere escorce Par amour seulement, et non pas par la force; Puis mariez ensemble, et les deux n'estant qu'un, Font à l'herbe voisine un ombrage commun.

La peste des grans rois sont les langues flateuses, Esponges et corbeaux des terres souffreteuses; Mais le mal le plus grand qu'un prince puisse avoir, C'est quand il hait le livre, et ne veux rien sçavoir.

Le roy dont je vous parle et que le ciel approuve Jamais en sa maison Tignorance ne trouve. Ayant fait rechercher, d'une belle ame espris. Par tout en ses pays les hommes mieux appris^,

1. Lichant. — Aujourd'hui : léchant. — « En ces ternies, Ronsard a imité la commune façon des poètes latins, de laquelle ils se servent pour exprimer l'action des eaux quand elles baignent les rives; ils disent que les ondes Inmhunt littora. » (M.)

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