‹ Œuvres choisies de P. de RonsardChapitre 269 sur 462 · A TRES-VERTUEUX SEIGNEUR FRANÇOIS DE MONTMORENCY · texte numérisé non relu

A TRES-VERTUEUX SEIGNEUR FRANÇOIS DE MONTMORENCY

Miirfsc/ial dp Frani'c.

Le beau poulain yssu de bonne race, Brusque et gaillard-, laissant dessus la face Et sur le col pendre ses longs cheveux, En desnouant ses jarrets bien nerveux, Court de luy-mesme, et, brusque en sa furie, Fait mille bonds le long d'une prairie •\ Se façonnant pour devenir guerrier.

Et d'un grand cœur s'eslancer le premier Surl'ennemy, portant, entre les armes, l^a barde ' aux flancs et au dos l'homme d'armes; Rendant son maistre et soy mesme appris, Pour du laurier ensemble avoir le prix ;

1. Moiitmorenoj. — (iraïul maistre de France, et maréchal. C'était le lils aîné du connétable de Montmorency. Après avoir fait ses premières armes dans le Piémont en 15.51, il fut nomme goiiveineur de Paris en liio3. Ennemi des Guises, il faillit être arrêté après la paix de Lonarjumeau et n'échappa que par la fuite aux massacres de la Saint-Rarthélemy. Entré dans le parti des Malcontents, il fut enfermé à la Bastille et ne dut son salut qu'à In crainte qu'inspiraient ses frères Thoré et Damville. Il mourut à 49 ans, en IS'ÎO.

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