‹ Œuvres choisies de P. de RonsardChapitre 4 sur 462 · Ravy. — Ibid · texte numérisé non relu

Ravy. — Ibid

BIO(iRAPHIE xiii

lelligence de son élève et n'eut pas de peine à les développer. Aussi l'enfant eut-il bientôt atteint et même dépassé ses frères.

Son père ne manquait pas d'instruction; il avait fait ses études à l'Université de Bourges et se piquait même de « composer des vers latins et des poésies françaises, que les Marot, les Saint-Gelais, les Héroel avaient daigné entendre et applaudir « *. 11 ne crut pas mal faire en envoyant son fils, Pierre, à PariSj^au collège de Navairre (1533).

Celui-ci avait à peine 9 ans : le régime plus que rigoureux de l'école, la sévérité pédante et étroite de son régent, le sieur de Vailly, ne tardèrent pas à rebuter cette nature vive et pétulante ; au bout de six mois, il quittait les bancs du collège et peu d'années après accompagnait son père à Avignon où le roi François 1"", assisté de ses trois fils, se disposait à repousser son éternel ennemi, Cbarles-Quint, qui avait envahi la Provence et allait assiéger Marseille. Charmé de la gentillesse du jeune Ronsard, le dauphin François voulut l'avoir au nombre de ses pages, mais ce fut pour peu dô temps, car le dauphin mourait six jours après à Tournon (iO août 1536), empoisonné, dit-on, par l'envoyé de l'empereur, le coiiite de Montecuculo (voir mes CEiares choisies de Cl. Ma7'ot,p. 125). Ronsard passa alors au service de Charles, duc d'Orléans, troisième fils du roi. Il savait si bien plaire qu'il fut du nombre des personnages qui suivirent Madeleine de France, la nouvelle épouse du roi d'Ecosse, Jacques Stuart 2 (voir mes Œuvres choisies de Cl. Marot, p. 168, 260). Après un séjour de deux ans à la cour d'Edimbourg, il quitta l'Ecosse, mit six mois à parcourir l'Angleterre, dont il apprit la langue, et revint en France reprendre son service dans la maison du duc d'Orléans, où il se lia avec le seigneur de Carnavalet.

Il se serait volontiers livré à l'étude et à la versification, car il aimait déjà rimer, mais son maître ne lui en laissa pas le loisir: le duc d'Orléans l'envoya bientôt (1540) saluer pour lui la nièce de l'empereur, en Flandre, et de là porter un message en Ecosse, où, nous dit-il :

1. Applaudir. — Jean Bouchet de Poitiers parle souvent de lui (Uns ses Epistres. Il l'appelle Louys Roussart. (P. Blanch.) Ce poète avait été protégé par lui. — Le père de P. de Ronsard avait aussi composé deux traités, l'un sur le blason, l'autre sur le gouvernement des princes ; ils sont perdus (Rochambeau).

2. Sluart. — Le mariage avait eu lieu à Paris, le 1 "janvier 1537.

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