‹ Œuvres choisies de P. de RonsardChapitre 63 sur 462 · Roses. — Voir édit. P. Blanclieinain, t. I", p · texte numérisé non relu

Roses. — Voir édit. P. Blanclieinain, t. I", p

SONETS. 21

A NICOLAS DE NEUFVILLE* SEIGNEUR DE VILLEROY, SECRETAIRE d'eSTAT DE SA MAJESTÉ

Vous estes grand, je suis bas et commun, Et toutefois je ne suis inutile :

Tous les mestiers d'une excellente ville Ont divers prix et ne sont pas tous un.

Le ciel nous fait le sort blanc et le brun * Gomme il luy plaist, et la nature habile Fait l'un puissant et fait l'autre débile, Et mesmes biens ne départ à chacun.

1. Neufville. — Nicolas de Neufville, seigneur de Villeroy, était petit-fils de ce Nicolas de Neufville, troisième du nom que Clément Marot servit comme page pendant deux ou trois ans jusqu'en 1518. (Voir mon édition de Cl. Marot, Biorp-aphie, p. 17.) Né en lo42, mort en 1617, il fut employé par Catherine de Médicis, dans deux négociations importantes en Espagne et en Italie, devint secrétaire d'État en 1567, jouit de la faveur de Charles IX et de Henri III, fut destitué en 1588 comme partisan des Guises, ou, selon d'autres, à la suite d'une querelle avec le duc dÉpernon, entra dans le conseil du duc de Mayenne, mais ne partagea pas les vues des Ligueurs, et se fit un des chefs du tiers parti. Rallié à Henri IV, après son abjuration, en 1594, il recouvra sa place de secrétaire d'État, montra peu de sympathie pour Sully auquel il avait disputé vainement plusieurs charges. Après la mort de Henri IV, il poussa de toutes ses forces à l'alliance espagnole. 11 lutta en vain d'influence avec Concini ; après la mort de ce ministre seulement, il put recouvrer toutes ses charges qu'il ne conserva, du reste, pas longtemps, puisqu'il mourut en 1617. C'est son arrière-petit-fils qui fut le fameux maréchal de Villeroy, ce général de cour qui fut la cause de tant de défaites sous Louis XIV. Villeroy possédait à Conflans un château où il vint souvent et que chanta notre poète.

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