Çà bas. — Aujourd'hui : ici-bas
3. Mémoire. — » C'est un chef d'œuvre de poésie que cette ode, faicte en l'honneur de la poésie et d'un grandissime personnage. Le poêle y traicte la naissance des Muses et le voyage qu'elles font chez l'Océan pour y voir leur père, où estans arrivées comme il souppait, elles chantent trois sujects qui représentent trois stiles divers. Cela fait, avec un ravissement merveilleux, l'une d'elles, au nom de la troupe, demande à Jupiter plusieurs choses excellentes et dignes de leur profession; puis après, ayant obtenu ce qu'elles demandent, le poëte les fait revenir en terre, où il descrit les commencemens de la poésie, ses progrès et son déclin ; enfin pour venir au suject spécial et particulier de son œuvre, il les fait retourner au ciel, contrainctes par l'Ignorance, jusqu'au jour préfixa l'heureuse naissance du grand Michel de l'Hospital, chancelier de France, qui les rameine une autre fois et restablit en terre pour jamais, avec admiration de ses vertus, sçavoir et preud'hommie, que le poëte traicte et poursuit excellemment jusqu'à la fin de l'œuvre. » (R.) — Telle est la note caractéristique de lUchelet sur cette ode qui passait aux yeux des contemporains de Ronsard pour le plus parfait de ses ouvrages; Passerat eiit donné pour elle le duché de Milan; Pasquier la proclame divine. Depuis elle a été trouvée trop longue et parfois ennuyeuse. On y rencontre en effet tous les défauts mais aussi tous les mérites du poète. Je vais en
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Strophe II
Aussi tosl que leur petitesse Courant avec les pas du temps, Eut d'une rampante vistesse Touché la borne de sept ans, Le sanç naturel qui commande De voir ses parents, vint saisir Le cœur de caste jeune bande.
Chatouillé d'un noble désir; Si qu'elles' mignardant- leur mero, Neuf et neuf bras furent pliant Autour de son col, la priant De voir la face de leur père"*.
Anlistrnphe
Mémoire, impatiente d'aise.
Délaçant leur petite main, L'une après l'autre les rebaise Et les presse contre son sein.
donner quelques strophes et les passages les moins obscurs et les plus intéressants.
1. Si qu'elles. — C'est-à-dire : si bien que, de sorte que. Locution conjonclive fréquemment employée au xvi^ siècle. — « 11 se transit et s'ènyvra de la pensée do si haute exsecution, si qu' il perdit entièrement son sens. » (Montaigne, II, 29.)
2. Mignardant. — Signifie : traiter gracieusement, flatter, caresser. Vorlje de la vieille langue, fréquent encore au xvi<^ siècle : « (i'est qu'il caressoit les petis chiens, et les mignardoit... » II. Estienne, Apol. pour Hérodote, I, 373.) — « Les Lacedemoniens mignardoient leur Diane par le bourrellement des jeunes garsons. » (Montaigne, II, 2.)
3. Père. — « Ce petit tableau de famille, ces jieuf et neuf bras enlacés au cou maternel, la joie de la mère et la toilette du départ, ont infiniment de grâce, et l'expression en est riante, quoique peut-être un peu chargée et fatiguée. « (Sainte-Beuve.)
Hors des poumons à lenle peine
Une parole lui montoit,
De souspirs allègrement pleine,
Tant l'affection l'agitoit,
Pour avoir desja cognoissance
(combien ses filles auront d'heur',
Ayant pratiqué la grandeur
Du dieu qui planta leur naissance.
Epoih- ''•
Apres avoir relié D'un tortis* de violettes Et d'un cerne ' de fleurettes L'or de leur chef délié, Apres avoir proprement Troussé leur accoustrement Marcha loin devant sa trope'*.
Et, la hastant^ jour et luiict,