Vaisseau. — Cf. Homère
" tv <i /Trif/ifi'; Te xtt"; àjAsisofT^s; îam A«Tvoi. "
{Odyssée, 13.)
2. Eaux. — Les quatre premiers vers de la strophe 5» sont profonds et immenses comme l'Océan.
3. Tritons. — Le Triton est un dieu marin, fils et trompette de Neptune :
« Cxruleuni Trilona vocat, conchxque sonanti Inspirare jubet, fluctusque et fluinina signe Jam revocare daio. ••
(Ovide, Alétam. 1. I" v. 33i.)
4. Portonne. — Dieu marin qui préside aux ports, le même que Mélicerte et Palémon.
5. Archet. — C'est la baguette avec laquelle il jouait de la lyre; c'était un bâton court ou un tuyau de plume que les anciens appelaient plectrum, mot signifiant : ce qui sert ii frapper.
l)L)ES. — 1. Hii
Quand l'œil du père, qui prend garde Sus un chacun', se costoyanl- A l'escart des autres, regarde Ce petit troupeau flamboyant.
Du quel et l'honneur et la grâce Qu'empreints sur le front il portoit, Publioit assez qu'il sortoit De l'heureux tige* de sa race.
Epode
Luy qui debout se dressa Et de plus près les œillade*, Les serrant d'une accolade.
Mille fois les caressa.
Tout esgayé de voir peint Dedans les traits de leur teint Le naïf ^ des grâces siennes.
Puis, pour son hoste éjouir Les chansons voulut ouïr De ces neuf musiciennes.
1. Sus un chacun. — Expression vieillie, aujourd'hui : sw chacun.
2. Se costoyant. — C'est-à-dire : 5e tenant. Sens qui n'est donné que par Ronsard.
3. Tige. — Ce substantif, féminin dans l'ancienne langue {Chans. de Roland) a été des deux genres au xvi« siècle. Rabelais, Pasquier le font féminin. 11 est des deux genres dans Montaigne : « Ce tige foisonnant. » (II, 23.) « Une longue tige. » (lil, 10.) '< Par faute d'avoir un fort tige. » {Sat. Ménippde, p. 16.) Aujourd'hui il est féminin seulement.
4. Les œillade. — Signifie: lancer des œillades, regarder. Ce verbe vieilUt « J'ay cecy par trop œillade. » (Basselin, xv* siècle.)
o. Le naïf. — Adjectif pris substantivement et employé pour la na'.velé, la simplicité.
5i OEUVRES CHOISIKS UE RONSAHIJ.
Strophe VI
Elles, ouvrant leur bouche pleine D'une douce arabe' moisson, Par l'esprit d'une vive haleine* Donnèrent l'ame à leur chanson; Fredonnant sur la chanterelle De la harpe du Delien^ La contentieuse querelle De Minerve* et du Gronien^, Gomme elle du sein delà terre, Poussa son arbre** palissant.
Et luy son cheval hennissant, Futur ^ augure de la guerre*...
1. Arabe. — Ce mot est pris ici adjectivement et signifie : d'^/'a^^/e avec le sens de : riche, abondant, ;i cause de la fertilité de l'Arabie.
2. Haleine. — Outre le son des instrumens, elles y meslerent la voix, qu'il appelle élégamment esprit d'une vive haleine. (R.)
3. Delien. — C'est-à-dire: du dieu de Dcios, Apollon, dieu du soleil, de la poésie, de la musique, des arts, fds de Jupiter et de Latone, né à Délos.
4. Minerve. — En grec 'AOrivâ, déesse de la sagesse et de la guerre, qui donna son nom à Athènes.
5. Crânien. — C'esl;-à-dire : Neptune, flis de Cronos (appelé aussi Satîome), dieu de la mer.