‹ Œuvres choisies de P. de RonsardChapitre 95 sur 462 · Arbre. — C'est-à-dire : l'olivier · texte numérisé non relu

Arbre. — C'est-à-dire : l'olivier

7. Futur. — Varron et, après lui, Saint-Augustin [Cité de Dieu, liv. XVIII, ch. 9) racontent autrement cette histoire: A l'endroit où Cécrops allait fonder Athènes apparut tout à coup un olivier, et un peu plus loin jaillit une source. Le roi ému, à la vue de ces prodiges, envoya consulter Apollon à Delphes. Le dieu répondit (juc l'olivier représentait Minerve, l'eau, Neptune; les habitants pouvaient, à leur gré, choisir pour leur ville le nom dune de ces deux divinités. Le roi fit alors voter les gens de l'un et l'autre sexe, et les hommes votèrent pour Neptune et les femmes pour Minerve. Comme les femmes se trouvaient être une de plus que les hommes, c'est Minerve qui l'emporta. Neptune, en colère, ravagea les terres des Athéniens de ses flots irrités et pour apaiser le dieu on dut infli-

oui: s. — I.

Stmpfie X

... A tant* les filles de Mémoire Du luth apaisèrent le son.

Finissans^ leur douce chanson Par ce bel hymne de victoire.

Antintrophe

Jupiter, qui tendoit l'aureille, La combloit d'un aise parfait, Ravi de la voix nonpareille Qui si bien l'avoit comtrefait ; Et, retourné, rit en arrière De Mars, qui tenoit Toeil fermé, Ronflant sur sa lance guerrière, Tant la chanson l'avoit charme; Puis à ses filles il commande De luy requérir^, pour guerdon* De leurs chansons, quelque beau don Qui soit digne de leur demande.

ger aux femmes trois peines : il leur fut défendu de voter désormais, de donner leur nom à leurs enfants, de se faire appeler filles de Minerve.

8. Guerre. — Dans les strophes suivantes, les Muses chantent le combat des dieux et des géants, puis célèbrent la victoire de Jupiter qui, do sa foudre, précipite les Titans dans les champs Phlégréans.

1. A tant. — Cest-à-dire : alors, sur c, à cela. Locution adverbiale fréquente au xvi« siècle. (Voir Cl. Marot, passim.)

2. Finissans. — Au xvi" siècle, le participe présent s'accorde toujours. (Voir formes syntaxiques.)

3. Requérir (latin : requirere). — Signifie : demander en retour, en récompense..,

4. Guerdon. — Signifie : récompense. Mot de la vieille langue, encore en usage au xyi* siècle. » Un si beau guerdon que de la vie luy estant proposé... ^> (.Montaigne, II, ;3.) « Guider donc pour guerdon. » 'H. Estiennc;, Precellence. p. 353.)

Epode

Lors sa race s'approcha, Et, luy flatant de la destre * Les genoux, de la senestre-* Le sous-menton^ luy toucha ; Voyant son grave sourci Longtemps fut béante ainsi, Sans parler, quand Calliope% De la belle voix qu'elle a, Ouvrant sa bouche, parla Seule pour toute la trope '•" :

Strophe A'/

« Donne-nous, mon père, dit-elle, Père, dit-elle, donne-nous Que nostre chanson immortelle Passe en douceur le sucre doux ; Fay-nous princesses des montagnes, Des antres, des eaux et des bois.

Et que les prez et les campagnes S'animent dessous nostre vois.

Donne-nous encor d'avantage La tourbe*^ des chantres divins, Les poêles et les devins, El les prophètes en partage.

1. Désire. — Signifie: main droite (mot fréquent dans Ronsard.)

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