‹ Œuvres choisies de Saint-Évremond, precédées d'une notice sur sa vie et ses ouvragesChapitre 20 sur 116 · XXX NOTICE · texte numérisé non relu

XXX NOTICE

gante et facile, moins pour transmettre oriicieliemenl à la postérité ceux dont il était véritablement l'auteur que pour les distinguer d'une foulo d'autres, que la spéculation lui avait faussement attribués (25).

II s'éteignit, entre les bras de ses amis, le 20 septembre 1703, après avoir distribué sa fortune en partie aux indigents « de quelque religion qu'ils fussent, disait-il dans son testament, et en partie aux pauvres Français exilés comme lui ».

Pendant les quarante-deux ans qu'avait duré cet exil, les efforts de ses amis les plus puissants n'avaient pu adoucir en sa faveur l'inflexible rigueur de Louis XIV (26). La terre hospitalière qui l'avait reçu , et où trois rois l'avaient comblé de leurs faveurs, sembla protester contre le monarque français , en ouvrant les portes do Westminster à celui qui n'avait pu trouver un tombeau dans son propre pays. C'est dans cette célèbre abbaye que l'illustre écri* vain repose. Il est enterré dans la nef, et non loin du cloître, auprès de Gasaubon, de Gambdcn, de Barrow, de Ghaucer, de Spencer et de Gowley. Son buste, placé au-dessus d'un marbre blanc, sur lequel est gravée une élégante épitaphe (27), hommage rendu à sa mémoire sur la terre étrangère, existe encore, pour rappeler que l'homme que recommandent son génie et ses vertus trouve partout une patrie.

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