‹ Œuvres choisies de Shakespeare - Vol. 2Chapitre 48 sur 99 · LE DOMESTIQUE · texte numérisé non relu

LE DOMESTIQUE

Seigneurs, mon maitre Antomo est chez lui et désirerait vous parler à tous deux.

SALARINO.

Voilà déjà quelque temps que nous le cherchons. AYrive TUBAL.

SALANIO.

Encore un qui vaut l’autre ; on ne saurait en trou- … yer un troisième qui les égale, à moins que le diable : lui-même ne se fasse Juif.

SALANIO, SALARINO éf LE DOMESTIQUE s’éoignent. SHYLOCK.

Eh bien ! Tubal, quelles nouvelles de Gènes ? as-tu retrouvé ma fille ?

TUPAL.

En beaucoup d’endroits on m’a parlé d’elle, mais je n’ai pu la trouver.

SHYLOCK

Voilà, voilà, voilà! je perds un diamant qui n'avait coûté"à Francfort deux mille ducats ! C’est maintenant que la malédiction tombe à plein sur notre nation ; je ne l’avais jamais sentie jusqu’à ce jour : deux mille ducats que je perds là, outre plusieurs

si ‘

bijoux précieux, bien précieux. Je voudrais ma fille à , » mes pieds, morte, là, avec les bijoux à ses oreilles : je la voudrais ensevelie, là, à mes pieds, avec les ducats dans son cercueil. Aucune nouvelle des fugitifs, non, aucune.— Et Dieu sait tout l’argent que ces recherches m'ont coûté, oui, perte sur perte ! tant que m’emporte le voleur et tant pour trouver le voleur. Et point de satisfaction, point de vengeance ! Il n’y a de malheurs que pour moi,de sanglots que dans ma poitrine, de larmes que dans mes yeux.

TUBAL, Vous n’êtes pas le seul en butte au malheur. An tonio, à ce que j'ai appris à Gènes..……

Quoi ? que dites-vous? un malheur ? un malheur ?

TUBAL

À perdu un de ses vaisseaux venant de Tripoli.

SHYLOCK

Dieu soit loué ! Dieu soit loué ! + Est-ce vrai ? : est-ce vrai ?

TUBAL

J'ai parlé à des matelots échappés au naufrage. à

SHYLOCK

Je te remercie, mon cher Tubal ; bonnes nou-

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