‹ Œuvres choisies de Shakespeare - Vol. 2Chapitre 82 sur 99 · ACTE Ve · texte numérisé non relu

ACTE Ve

LORENZO. ae

Ou je me trompe fort, ou c’est la voix de Portia.

PORTIA

Il me reconnait, comme l’aveugle reconnait le coucou, à sa voix discordante.

LORENZO

Madame, soyez chez vous la bien venue.

PORTIA

Nous avons prié pour nos maris ; et nous esférons que le ciel aura exaucé nos vœux. Sont-ils de retour ?

LORENZO

Pas encore, madame; mais il vient d'arriver un courrier qui annonce leur approche.

PORTIA

Entre au château, Nérissa ; recommande à mes domestiques de ne point parler de notre absence ; — n’en dites rien non plus, Lorenzo, — ni vous, Jessica.

On entend une fanfare.

LORENZO

Votre mari n’est pas loin, j'entends sa fanfare : nous sommes discrets, madame ; soyez sans crainte.

PORTIA, Cette nuit me fait simplement l'effet d’un jour

malade ; peut-être a-t-elle quelque chose de plus pâle ; c'est comme l’un de ces jours où le soleil est caché.

Afrrivenft BASSANIO, ANTONIO, GRATIANO € leur suite,

BASSANIO

Nous aurions le jour en même temps que les antipodes si, en l’absence du soleil, vous nous accordiez votre présence.

PORTIA

Que ma clarté éclaire sans trop briller ; femme brillante fait un mari fâchèux, et puisse Bassiano ne jamais l’être: pour moi ! Mais que Dieu arrange tout - pour le mieux ! — Vous êtes le bien venu chez vous, . mon seigneur.

BASSANIO

Je vous rends grâces, madame ; veuillez accueillir:

mon ami. — Voilà Antonio, voilà l’homme auquel j'ai de si grandes obligations.

PORTIA

Vous lui en avez de grandes en effet ; caril en avait contracté pour vous de bien graves.

ANTONIO

- J'en suis amplement payé.

Gratiano et Nérissa paraissent se livrer à part à une conversation animée.

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