ACTE V
k PORTIA.
Je la tiens de lui ; pardonnez-moi, Bassanio. Fe L : NÉRissa, à Grafiano, en lui présentant une bague.
Pardonnez-moi aussi, mon cher Gratiano ; car ce petit bonhomme, le clerc du docteur, en retour de
| ceci.
7 GRATIANO
| Parbleu, voilà qui ressemble aux réparations des à routes, en été, quand les routes sont suffisamment
| belles. Eh quoi! sommes-nous donc trompés avant & de l'avoir mérité ?
| PORTIA
|, : ‘ Je vous vois tous ébahis. (A Bassanio.) Voici une
Î lettre que vous lirez à loisir ; elle vient de Padoue; ,
| elle est de Bellario ; vous y verrez que Portia était le
docteur et Nérissa son clerc ; Lorenzo vous dira
| que je suis partie en même temps que vous, et que
| je viens d’arriver à l'instant; je ne suis pas même
| entrée au château. — Antonio, soyez le bien venu :
| j'ai à vous donner de bonnes nouvelles auxquelles vous êtes loin de vous attendre : ouvrez promptement
cette lettre ; vous y verrez que trois de vos navires,
richement chargés, sont inopinément arrivés au
port; je vous laisserai ignorer par quel étrange
hasard cette lettre estivenue dans mes mains. | Elle lui remet une lettre.
N ANTONIO
Je demeure muet.
ANTONIO, après avoir achevé sa lecture.
Madame, vous m’avez donné tout à la fois la vie
et de quoi vivre ; cette lettre m'annonce, d’une ma- £ nière certaine, que mes vaisseaux sont arrivés à bon
port.
PORTIA
Lorenzo, mon clerc, a aussi de bonnes nouvelles pour vous.
NÉRISSA
Oui, et je les lui donnerai sans rétribution. — Je vous remets, à vous et à Jessica, un acte en bonne forme, par lequel le riche Juif vous lègue, après sa mort, la possession de tous ses biens.
LORENZO
Belles dames, vous faites pleuvoir la manne sur des gens affamés.
PORTIA
Le jour ne tardera pas à paraitre, et néanmoins je suis sûre que vous êtes impatients de connaitre les détails circonstanciés de tous ces événements : rentrons ; vous nous interrogerez sur faits et articles et nous vous répondrons en toute sécurité.
GRATIANO
Très volontiers. Ma foi, tant que je vivrai, je ne redouterai rien tant que de perdre la bague de Nérissa.
Ils s’éloignent,
Leù
FALS PATES
w’est-ce que Falstaf? A consulter son SES ami et compagnon le prince de Galles, c’est un bœuf gras rôti avec une farce dans le ventre. « À quoi est-il bon? A boire le xérèés. A quoi est-il propre ? À découper un chapon et à le manger. En quoi consiste son habileté ? En ruse. En quoi rusé? En coquinerie. En quoi coquin? En tout. En quoi estimable ? En rien. » Tout à l’heure cependant, le laissant pour mort sur le champ de bataille, le même prince dira du gros bonhomme qu’il regretterait moins amérement bien des gens meilleurs que lui. Ce n'est pourtant pas pour sa bravoure, puisqu'aux qualités ci-dessus énoncées Falstaff joint au plus haut degré la vantardise et la pol-