‹ Œuvres choisies de Shakespeare - Vol. 2Chapitre 87 sur 99 · FALSTAFF · texte numérisé non relu

FALSTAFF

tronnerie, dont il est proprement le type dans.

la galerie des originaux de Shakespeare. Mais le prince Henri a raison, cet original est attachant ; sa phy$ionomie drôlatique se détache avec tant de pittoresque qu’elle est restée populaire, si populaire, si célèbre même que dans un recueil comme celui-ci, où Pon sattache à montrer un instant au lecteur chacune des faces du génie de Shakespeare, l'absence de ce joyeux compagnon aurait été une lacune.

On a dit de Falstaff qu’il était le gascon du Nord : il est plus et moins. Du gasconilala vanité et la faconde : il n’en a ni la bravoure ni

le chevaleresque. Mais il a l’humour, cette:

tournure d’esprit si essentiellement anglaise, qu'elle me saurait être, traduite en aucune

langue par un mot équivalent. Ce n’est pas

précisément l'esprit, bien que l’esprit y entre

pour beaucoup. Shakespeare a fait de Falstaff :

le type de l’humour : on dirait même qu'il s’est

plu à rendre l’huitre plus repoussante, pour

mieux faire valoir la perle qui est dedans.

Falstaff est-il oui ou non un personnage his-

torique ? Il est probable qu’un des compagnons # . }

de jeunesse du roi Henri V a porté ce nom. Il parait même que ce. Falstaff se serait distingué par quelques traits de caractère que la légende

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aurait transmis au poète. Quelques critiques pensent au contraire que le personnage est de pure fantaisie, et qu’il n’y a d’historique que le ‘* nom d’un certain sir John Fastolfe qui paraît ; dans la première partie d'Henri VI(x). Laissons de côté cette question de pure érudition pour RE ne nous intéresser qu’au héros bouffon du pe drame « Henri IV, » et de la comédie « Les | | joyeuses commères de Windsor. »

| Shakespare l’a fait trop mal elevé, ce vieux | gentilhomme ruiné et ivrogne, pour que la lecture de ces deux pièces soit toujours *.

agréable. Les gros mots, les expressions grasses, allant même jusqu’à lignoble, en encombrent presque toutes les pages. Chauve, venttu, tirant vers la soixantaine, mais conservé dans sa graisse, Falstaff égaye de ses facèties | la troupe de coupeurs de bourse dont ilfait sa 1 société habituelle, et où le vrince de Galles | vient étudier l’humanité,.…. par en bas. Au milieu d’une des bordées qu’ils courent ensemble se place la première scène que nous avons détachée. Le prince, fils du roi Henri IV, s’amuse davantage dans les tavernes qu’à la cour pater-

(1) Cette pièce est généralement considérée comme apocryphe.

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