CHAPITRE IV
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Ainsi parla le Fantôme. Interdit de ce discours, et le cœur agité de diverses pensées, je demeurai longtemps en silence. Enfin, ra'enhardissant à prendre la parole, je lui dis : « O Génie des tombeaux et des ruines ! ta présence et ta sévérité ont jeté mes sens dans Je trouble ; ipais la justesse de ton discours rend la confiance à mon âme. Pardonne à mon ignorance- Hélas! si l'homme est aveugle, ce qui fait son tourment fera-t-il encore son crime? J'ai pu méconnaître la voix de la raison ; mais je ne l'ai point rejetée après l'avoir connue. Ah ! si tu lis dans mon cœur, tu sais combien il désire la vérité, tu sais qu^il la recherclié
avec passion Et n'est-ce pas à sa poursuite que tu
me vois en ces lieux écartés ? Hélas ! j'ai parcouru la terre, j'ai visité les campagnes et les villes; et voyant partout la misère et la désolation, le sentiment des maux qui tourmentent mes semblables à profondé* ment affligé mon âme. Je me suis dit en soupirant : L'homme n'est-il donc créé que pour l'angoisse et pour la douleur? Et j'ai appliqué mon esprit à la mé-^ ditation de nos maux, pour en découvrir les remèdes. J'ai dit : Je me séparerai des sociétés corrompues ; je m'éloignerai des palais où Fâme se déprave parla satiété, et des cabanes où elle s'avilit par la misère ; j'irai dans la solitude vivre parmi les ruines ; j'interro-^ gérai les monuments anciens sur la sagesse des temps