‹ Œuvres Choisies de VChapitre 18 sur 109 · CHAPITRE VL · texte numérisé non relu

CHAPITRE VL

iut.% ^ri^el de llioqaine.

DBntYoriginey Thomme, formé nu de çorptel d'esprii, se trouva jeté au hasard sur la terre confuse et sau- Tage : orphelin délaissé do la puissance inconnue qui Favait produit, il ne vit point à ses côtés des êtres descendus des ciettx pour l'avertir de besoins qu'il ne doit qu'à ses êeits, pour Tinstruire de devoirs qui naissent uniquement de ses besoins. Semblable aux autres animaux^ sans expérience du passé, sans prévoyance de Tavenir, il erra au sein des forêts, guidé seulement et gouverné par les affeotioiis de sa nature ; par la donlêut de la faim, il fut conduit aux aliments, et il pourvut à sa subsistance; par les intempéms de l^ait\ il désira dé couvrir son corps, et il se fit des vêtements : par Vatlraii d'un plaisir puissent, il s'approcha d'un être semblable à lui, çt il perpétua son espèce. , .

Ainsi, les impressions qu'il reçut de chaque objet, éveillant ses facultés, développèrent par degrés son entendement, et commencèrent d'instruiï^ sa profonde ignorance ; ses besoins suscitèrent son industrie, 9es périls formèrent son courage ; il apprit a distinguer les plantes utiles des nuisibles, à combattre les éléments, à saisir une proie, à défendre sa vie, et il allégea sa misère.

Ainsi, l'amour de soi, l'aversion de la douleur ^ le désir du bien-êtrey furent leâ mobiles simples et puissants

GBAHTME VU. U

qui retirèrent Thomme de IVM êamuffe ft barhm^ où la NifURE l'avait placé ; el lorsque maintafiant sa vie 6gt semée de jouissances, lorsqu'il p^ut compter cha* cun de ses jours par quelques douceurs, il a le droit de s'applaudir et de se dire : a C'est moi qui ai p('odui^ les biens qui m'environnent, c'est moi qui suis TartitaR de mon bonheur ! habitation sûre, vêtements eommodes, alimaits abondants et sains, campagnes riantes, coteaux fertiles, empires peuplés, tout est mon ouvrage ; sans moi, cette terre livrée au désordre ne serait qu'un marais immonde, qu'une forêt sauvage, qu'un désert hideux. » Oui, homme créateur, reçois mon hommage ! Tu as mesuré l'étendue des cieu\', calculé la masse des astres, saisi Féclair dans les nuages, dompté la mer et les orages, asservi tous les éléments : ah ! comment tant d'élans sublimes se sont-ils mélangés de tant d'égarements?

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