‹ Œuvres Choisies de VChapitre 3 sur 109 · X NOTICE · texte numérisé non relu

X NOTICE

totalité. Volney était toujours un de ces puissants organes de la raison^ qui restent invariables au milieu des événements ; c'était toujours la vérité qu'il proclamait, et il ne cessait pas d^en réclamer toutes les conséquences dans leur plus ample application. La marche incertaine et rétrogade du Directoire ne le satisfit pas. Afin de jouir du spectacle d'une république et de recueillir Texpérience de ses institutions, il partit, en 1795, pour les Etats-Unis d'Amérique, où il fit un séjour de trois ans, pendant lesquels il parcourut ce vaste pays dans tous les sens. Le grand Washington, ce guerrier patriote, qui avait préféré la liberté de son pays à la vanité d'un pouvoir dont Tusurpation est malheureusement trop facile, le reçut avec distinction. H n'en fut pas de même de l'aristocrate John Adams, alors président de la république. Ce fougueux fédéraliste, auteur d'un écrit critiqué par Volney, se vengea en lui suscitant des persécutions. Ennemi des Français, il accusa Volney d'avoir voulu livrer la Louisiane au Directoire ; mais l'opinion fit promptement justice de cette calomnie," et John Adams, dépouillé d'une popularité qu'il ne méritait pas, fut remplacé par le républicain Jefferson. A la même époque, Volney fut en butte aux attaques du savant, mais irascible et intolérant Priestley ; quiconque ne reconnaissait pas avec le célèbre physicien anglais la divinité des Ecritures, et ne niait pas celle de Jésus-Christ, était impitoyablement anathématisé par lui. Volney n'avait pas à ses yeux le tort de diviniser le Christ, mais il ramenait les Écritures h la source toute mondaine, dont elles découlent. 11 n'en fallait pas davantage pour que Priestley le traitât d'ignorant et d'Hottentot. Volney lui répondit avec calme et décence dans un écrit où il n'employa que le langage de la raison, assaisonné d'une froide ironie tempérée par l'urbanité française. L'Anglais, ne pouvant pas nier sa défaite, n'osa plus rentrer eh lice.

Volney, ayant reçu la nouvelle de la mort de son père, revint en Europe, où il s'occupa^ de la publication d'un plus grand ouvrage, ses Observations sur le climat et le sol des États- Unis. Dans ce livre, comme dans son voyage en Egypte, on voit que le but de ses recherches est toujours l'utilité que les hommes pourront en retirer ; c'est à ce but unique qu'il s'est dévoué avec ttilH btët tm abnégation de toute vanité persotittelk I m^ m mi*

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