CHAPITRE ï
les procès, le mépris des enfants et des domestiques, le pillage et la ruine finale de toute la maison; sans compter que la femme adultère commet un vol très grave, en donnant à son mari des héritiers d'un sang étranger, qui frustrent de leur légitime portion les vérita})les enfants,
D. Qu'est-ce que Famour filial ? [
R. C'est, de la part des enfants, la pratique des actions utiles à eux et à leurs parents.
D. Comment la loi naturelle prescrit-elle l'amour filial ?
R, Par trois motifs principaux : 1" par sentiment, car les soins ajQFectueux des parents inspirent dès le bas âge de douces habitudes d'attachement; 2* par justice, car les enfants doivent à leurs parents le retour et l'indemnité des soins et même des dépenses qu'ils leur ont causés; 3" par intérêt personnel, car s'ils les traitent mal, ils donnent à leurs propres enfants des exemples de révolte et d'ingratitude, qui les autorisent un jour à leur rendre la pareille.
D. Doit-on entendre par amour filial une soumission passive et aveugle ?
R. Non, mais une soumission raisonnable et fondée sur la connaissance des droits et des devoirs mutuels des pères et des enfants ; droits et devoirs sans l'observation desquels leur conduite mutuelle n'est que désordre.
D. Pourquoi l'amour fraternel est-îl une vertu?
R. Parce que la concorde et l'union, qui résultent de l'amour des frères, établissent la force, la sûreté, la conservation de la famille : les frères unis se défendent mutuellement de toute oppression ; ils s'aident dans leurs besoins, se secourent dans leurs in-
fortunes, et assurent ainsi leur commune eiistence; tandis que les frères désunis, abandonnés chacun à leurs forces personnelles, tombent dans tous les inconvénients de risolement et de la faiblesse individuelle. C'est ce qu'exprimait ingénieusement ce roi Scythe, qui, au lit de la mort, ayant appelé ses enfants , leur ordonna de rompre un faisceau de flèches : les jeunes gens, quoique nerveux, ne Tayant pu, il le prit à son tour, et, l'ayant délié, il brisa du bout des doigts chaque flèche séparée. « Voilà, leur dit-il, les efiets de l'union : unis en faisceau, vous serez invincibles ; pris séparément, vous serez brisés comme des roseaux. »
D. Quels sont les devoirs réciproques des maîtres et des* serviteurs 7
R, C'est la pratique des actions qui leur sont respectivement et justement utiles, et là commencent les rapports de la société ; car la règle et la mesure de ces actions respectives est l'équilibre du l'égalité entre le service et la récempense , entre ce que l'un rend et ce que l'autre donne ; ce qui est la base fondamentale de toute société.
Ainsi toutes les vertus domestiques et individuelles se rapportent plus ou moins médiatement, mais toujours avec certitude, à l'objet physique de l'amélioration et de la conservation de l'homme, et sont par-là des préceptes résultant de la loi fondamentale de la nature dans sa formation.
OBATITRE XL