CHAPITRE XI
Hm Tértttf éwriales ; ée Hi jaiHiiè^
D. Qu*eBt-ceque la société?
R. C'est toute rénnioti d'hommes vivant énsèm« ble sous les causes d'un contrat ex|)Fès ou tacite^ qui a pour but leur commune conservation.
D. Les vertus sociales sont-elles nombreuses?
B. Oui : Ton en peut compter autant qu'il y a d'espèces d'actions utiles à la société; mais touteft se réduisent à uii seul princit^e*
D. Quel est ce principe fondamental?
R. C'est Isi juiiiee^ qui seule, comprend tdutes les vertus de la société/
D. Pourquoi dites-vous 4^e la justice est la vertu fondamentale et presque unique de la so^ ciété?
R. Parce qu'dle seule émlk'assè bi pratiqué de toutes les actions qui lui sont utiles, et que toutes les autres vertus» soils les noms de charité» d*hu*manité, de probité, d'amour de la patrie, de sincérité, de générosité, de simplicité de mœurs et de modestie, ne sont que des formes variées et des ap^ plications diverses de cet axiome : Ne fais à autrui que ce que tu veux qu'il tefasse^ qui est la définition de la justice.
D. Comment la loi naturelle veut-elle la jus tice?
40 LA m NATlIUeLLE.
R. Par trois attributs physiques, inhérents à l'organisation de l'homme.
D. Quels sont ces attributs?
R. Ce sont l'égalité, la liberté, la propriété.
D. Comment l'égalité est-elle un attribut physique de l'homme?
R. Parce que tous les hommes ayant également des yeux, des mains, une bouche, des oreilles, et le besoin de s'en servir pour vivre, ils ont par ce fait même un droit égal à la vie, à l'usage des éléments qui l'entretiennent: ils sont tous égaux devant Dieu.
D. Est-ce que vous prétendez que tous les hommes entendent également, voient également, sentent également, ont des besoins égaux , des passions égales?
R. Non ; car il est d'évidence et de feit journalier, que l'un a la vuecourte, et l'autre longue ; que l'un mange beaucoup, et l'autre peu.; que l'un a des passions douces, et l'autre violentes.; en un mot, que l'un est faible de corps et d'esprit, tandis que l'autre est fort.
D. Ils sont donc réellement inégaux?
R. Oui, dans le&développements de leurs moyens, mais non pas dans la nature et l'essence de ces moyens; c'est une même étoflfe, mais les dimensicMis n'en sont pas égales; le poids, la valeur, n'en sont pas les mêmes. Notre langue n'a pas le mot propre pour désigner à la fois l'identité de la nature, et la diversité delà forme et de l'emploi. C'est une égalité proportionnelle ; et voilà pourquoi j'ai dit : égaux devant Dieu et dans l'ordre de nature.
D. Comment la liberté est-elle un attribut physique de l'homme?