‹ Œuvres choisies du roi RenéChapitre 103 sur 155 · ROY DE SICILE. — U · texte numérisé non relu

ROY DE SICILE. — U

« Compte du sieur James Louet, conseiller et trésorier general des finances du Roy de Sicille en ses pays et terres de France , de la somme de cinquante et cinq mille livres tournoys octroyez au Roy de Sicille René, dernier décédé, par don du Roy nostre seigneur en l’an mil iiijclx »

On lit en tête du premier feuillet :

Compte de James Louet, conseiller et trésorier général des finances du Roy de Sicile en ses pays et terres de France et par ledict sieur commis et depputé à faire pour et en son nom la recepte et despense de la somme de cinquante cinq mille livres tournoys à lui donnée et octroyée par le feu roi Charles "Vil , Dieu pardonne, icelle prendre recueillir et lever sur les pays et subjecz de Languedoil, avec et oultre le principal et fraiz du prochain aide qui fut lors mis sur pour le paiement des gens de guerre du roy nostre dict seigneur de l’année commenczant au premier jour de janvier mil cccc soixante pour aider audict seigneur Roy de Sicile à supporter la sumptueuse despense que pour le recouvrement du royaume de Sicile convenoit lors porter et soustenir, ouquel royaume monseigneur le duc de Calabre et de Lorraine estoitlors entré à force et puissance d’armes, ainsi que plus au long est contenu et déclaré es lettres patentes du roy nostre dict seigneur sur ce faictes et expédiées pour le don et octroy d’icelle somme de cinquante cinq mille livres dont la teneur s’en suit.

Cette lettre du Roy Charles, datée de Tours le cinquième jour de juin , l’an de

grâce mil iiij c soixante et de son règne le xxxviij est signée par le Roy en son conseil. Elle contient oultre le don de cinquante cinq mille livres fait au roy René, un autre don de mille livres tournoys au sieur de Eeauvau , conseiller et chambellan du Roi Charles pour ses services et despens à la poursuite de ladicte affaire.

Suit la teneur des lettres patentes de René, Roi de Sicile, qui commect et deppute son conseiller et trésorier général de ses finances, ledict James Louet pour recepvoir, quittancer et distribuer ladicte somme de 55,ooo livres tournoys. Cette lettre se termine ainsi : donné en nostre jardin d’Aix, le septiesme jour de juillet l’an de grâce mil iiij c soixante. Ainsi signé : René. Par le roy, l'evesque de Marseille , les senneschaulx de Prouvence et de Barroys , Charles de Castillon , seigneur d’ Al baigne , Allardeau.

Collât, faite aux originaulx par nous : Tourneville , Sudry.

Suit l’assiette de l’impôt de 55,ooo livres tournoys et l’état nominatif et personnel des receveurs chargés de le percepveoir.

Voici les noms des trois receveurs généraux chargés de la perception : Maistre Mathieu Beauvarlet , maistre Robert des Moulins et maistre Lymon Lebourrelier.

Au nombre des villes et provinces entre lesquelles l’impôt était réparti nous citerons les suivantes avec la quotité afférente à chacune d’elles et les noms de leurs receveurs particuliers.

Le bas pays de Lymosin, R-P., Anthoine Grignon.

Le hault pays de Lymosin, R-P., Guille Royart.

Le pays de Poictou, R-P., Thomas Rannes.

Le pays du Maine, R-P., Martin Belutreau. ij

L’eslection de Lodun , R-P., Pommier.

L’eslection de Saumur, R-P., Nicolas Pannuez.

L’eslection d’Angiers, R-P., Jacques Lecamus.

La ville et eslection de Tours , R-P., Martin Ponthies. L’eslection de Vendosme , R-P., Pierre Peschard. LavilleeteslectiondeChasteaudun,R-P.,MicheletFournier. La ville et eslection de Chartres, R.-G., Denisot Lefin.

La ville et eslection de Bloys, R-P., Martin de Fouerit.

xj c liv.

xj c liv.

viij c liv.

m. iij c liv.

vij c liv.

vij c liv.

iij m. liv.

vij c liv.

ij c xxv liv.

ij c lxx liv.

v c xv liv. iiij s. ij d.

v c liv.

Suit l’estât de la despense de ladicte somme de cinquante mille livres tournoys, payée, baillée et distribuée aux personnes par les partz et pour les causes ou long

contenues et déclairéez en l’estât fait par ledict trésorier de la distribution d’icelle somme et en les lettres patentes sur ce faictes et expediéez par forme de rolle dont la teneur s’ensuit.

René , par la grâce de Dieu , roy de Jérusalem et de Sicile , duc d’Anjou , Per de France et duc de Bar, conte de Prouvence , de Fourcalquier et de Pymont, à noz amez et feaulx conseilliers, les gens de noz comptes à Angiers , salut et dilection : Comme monseigneur le Roy nous ait naguers octroyé pour nous aider au recouvresment de nostre dict royaume de Sicile la somme de cinquante cinq mille livres tournoys à prendre en certains pays et contreez de son royaume plus à plain declairez en ses lettres patentes sur ce faictes , et pour recuillir et recevoir ladicte somme et en faire la distribucion ainsi que par nous soit ordonné, avyons commis nostre amé et féal conseillier et trésorier general de noz finances en noz pays et terres de France James Louet, savoir vous faisons que nostre dict conseillier et trésorier par nostre dict commandement et ordonnance à part, baillé et distribué selon l’estât que lui avons envoyé signé de nostre main , ladicte somme de cinquante cinq mil livres tournoys en ce comprins la somme de trois cens cinquante huit livres quinze solz que luy avons ordonné pour faire ladicte recepte et en tenir le compte aux personnes et pour les causes cy aprez declaireez, c’est assavoir :

Voici les principales parties prenantes; mais remarquons tout d’abord que le frère du Roi René, le conte du Maine, figure pour vingt sept mille cinq cents livres , pour restitution de la somme de vingt mil ecuz « qu’il nous a prestez et » envoyez comptant, vallant à raison de vingt sept solz six deniers tournoys » pour escu. »

A reverend pere en Dieu , nostre très chier et féal conseillier, l’evesque de Masseille , mil ducatz dont il a respondu àbiau cousin le cardinal de Rouen, qu’il avoit prestez à nostre dict très chier et très amé filz le duc de Calabre et dont ledict evesque de Masseille luy est obligé, vallant à raison de xxviij s. ix d. la pièce mil iiij c. xxxvj liv. x s.

A nostre très chier et féal conseillier et premier chambellan le seigeur de Beauvau, senneschal de nostre pays de Prouvence , pour restitution de cinq mil escuz que l’année passée il print à Nantes de l’argent de biau cousin le conte de Vendosme, dont il est obligué à nostre dict biau cousin de Vendosme , et lesquels furent délivrez par lettres de change à nostre dict filz de Calabre avecques autres v mil escuz que biau cousin le duc de Bretaigne fist aussi lors délivrer a icelluy nostre filz, vallant à ladicte raison de xxvij liv. vi d. cy pour escu, vi mil viij c. lxxv liv.

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