TOME II
tournois et des gages de bataille, ils étaient accueillis, avec respect, dans les fêtes guerrières, comme vénérables poursuivants d’armes ,
Qui largement au temps passé
Out honneur et sens amassé. ( Récit du tournoi du Chastcl de Joyeuse Garde. )
L’écuyer, « vieulx et meurs (mûr) moins par l’âge que par ses exploits, requerroit qu’informations fussent prises à son esgard. » Si l’enquête constatait qu’il était issu d’antique lignée, que sa vie avait été sans tache, comme son écusson , et qu’il avait conduit à bonne et heureuse fin un des sept périls des armes ,
Savoir :
S’il avoit combattu à outrance avec l’épée tranchant et poignant;
Transpercé son rival , dans une joute à fer émoulu ;
Pris à l’abordage un navire ennemi;
Le premier monté à l’escalade ;
Et fait prisonnier un prince ou un émir sarrasin ;
S’il étoit entré par la brèche dans une ville assiégée, à la tète de tous ;
Si enfin, dans une bataille rangée, il s’étoit emparé de la principale bannière ,
Alors il étoit déclaré digne des honneurs de la chevalerie, et d’avoir pour parrains les neuf preux de V antiquité 4.
Quoique rarement cette haute distinction fut donnée i un jeune écuyer, avant vingt et un ans, la règle, qui indiquait cet âge , souffrait des exceptions nombreuses. Monstrelet nous apprend que les fils de nos rois étaient chevaliers, à leur
1 Wulson de la Colombière.
Trois héros juifs , trois gentils et trois chrétiens sont au nombre des neuf preux des romans de chevalerie ; Duguesclin, après sa mort, fut proclamé le dixième.
Puisque il est mort , or sois! mis en la table De Macchabée, premier preulx de renon,
Et Josué , David le resonable ,
D’Alexandre, d'Hector et Absalon,
Artlius, Charles, Godefroy de Buillon.
Or soit nommé le dissième par (lelor ( dès lors)
Bertran li preulx , qui servi en prodon ( prud'homme )
L’escu d'azur à trois lluurs de lis d’or.
C’est le nom de Jules César et non celui d’Absalon qu'il faut lire, le poète a sans doute trouvé la rime plus exigeante que la vérité et la raison.
naissance. Au baptême de l’infortuné duc d’Orléans, second fils de Charles V, Duguesclin tira son épée, et la mettant dans les mains de l’enfant nu 1 : « Monsei- » gneur, lui dit-il, je prie Dieu qu’il vous doint autel (tel) et si bon cueur, que » vous soyez aussi preulx comme fût oncqnes roy de France 2. »
L’histoire de notre patrie est pleine de faits de ce genre; partout elle représente nos rois , comme chefs naturels de la chevalerie. Ces valeureux fils de saint Louis, si prodigues de leur sang pour la défense du pays, paraissent préférer ce titre à tous les autres. Ils le revendiquent, le soir d’une bataille, après avoir dormi sur un canon, à quelques pas de l’ennemi ; et s’ils ne sont pas nés avec une couronne , si Duguesclin n’a point béni leur berceau, l’épée de Bayard consacre le vainqueur, au milieu de son triomphe. Champier nous a conservé les paroles de François Ier, après la journée de Marignan , lorsqu’il voulût être armé par le bon chevalier sans reproche et sans peur :
a Bayart, mon amy , je veulx que aujourd’huy soye faict chevalier par vos » mains, parce que estes tenu et réputé le plus digne. »
« Sire, répond Bayart, celuy qui est couronné, sacré et oingt de l’huile en- » voyée du ciel, et est roy d’ung si noble royaulme, le premier fils de l’Eglise, » est chevalier sur tous aultres chevaliers. »
« Si, dit le roy, Bayart, despèchez-vous; il ne fault icy alléguer ne loix, ne » canons : faictes mon vouloir et commandement, si voulez estre du nombre de » mes bons serviteurs et subjects. »
« Sire, répond Bayart, si ce n’est pas assez d’une fois , puisqu’il vous plaist, je » le feray sans nombre pour accomplir, moy indigne, vostre vouloir et comman- » dement. » Alors print son espée et dist : « Sire, autant vaille, que si estois » Roland ou Olivier, Gaudefroy ou Baudouyn, son frère. Certes vous estes le pre- » mier prince que oncqnes fis chevalier; Dieu veuille que en guerre ne prenez la » fuyte. »
« Et puis pour manière de jeu, si cria haultement, l’espée en la main droite :
1 Nmlo trndiilit enscm nmltim.
a Charles-lc-Toméraire fut aussi fait chevalier sur les fonts de baptême. Le fils du connétable de Bourbon était encore entre les mains de ses nourrices et gouvernantes , quand Bayard lui ceignit l’épée.
« Tu es bienheureux d’avoir aujourd’hui à ung si beau et puissant roy donné » l’ordre de chevalerie. Certes ma bonne espée, vous serez moult bien comme » relique gardée , et sur toutes aultres honorée , et ne vous porteray jamais, si ce » n’est contre Turcs, Sarrasins ou Mores. » Et puis feit deux saults, et après remit au fourreau son espée. »
Froissard , Monstrelet, Martial d’Auvergne et nos autres chroniqueurs nous ont conservé les noms d’un grand nombre de chevaliers créés , comme le vainqueur de Marignan, sur le champ de bataille. Conférée au milieu des camps, en face de l’ennemi, ou après la victoire, cette distinction empruntait un caractère auguste aux périls bravés par l’intrépide poursuivant (Vannes . Nous avons cité Suffolk donnant l’accolade, sur la brèche de Jargeau, au simple gentilhomme, qui le fait prisonnier. Dans le célèbre combat des Trente , Geoffroy de la Roche profite d’un instant de trêve pour demander la chevalerie à Beaumanoir 4. « Va, beau doux » fils; ne t’épargne pas, lui dit ce dernier, souviens-toi du vaillant Budes , ton » ayeul, qui se signala à Constantinople; et je jure Dieu, qui tient tout sous sa » puissance, que les Anglois seront desconfis avant l’heure de compiles. »
La guerre, qui moissonnait les vieilles races féodales, illustrait, chaque jour, de nouvelles familles. Frédéric II anoblissait, dans la mêlée, ses plus intrépides soldats. L’épée et la harpe élevaient les troubadours au rang des chevaliers; et les principaux habitants des villes libres d’Allemagne et des républiques d’Italie brisaient leurs lances, dans les tournois, avec les plus fiers barons. Car malgré les règles écrites qui exigaient, au commencement du treizième siècle, la noblesse du sang , jamais la chevalerie ne bannit de son sein les vaillants hommes , qui conquirent ce titre par leurs vertus et leurs exploits.
La réception du chevalier, si pleine d’héroïque simplicité, sur le champ de bataille, était accompagnée, en temps de paix, de pieuses et symboliques cérémonies. Ce n’était plus seulement l’épée d’un jouvencel que l’église allait bénir; elle recevait les serments d’un fils, armé pour la justice, qui consacrait à Dieu ses jours, son sang et sa lance. Le sacre et le couronnement des rois, le baptême et le ma*
J Mais Guiffroy de la Roche requiert chevalerie ,
Ung cscuyer moult noble, de graut anchcsourie (ancienne race).
Ce brave écuyer portait de gueules, à trois fers de lance, émoussés d’or. Ce sont encore les armes des la Roche-Sainl*Àndré.
LesTinténiac, les Goyon , les du Parc, les Raguenel , les Pestivien, les Mellon et les la Roche sont, aujourd’hui , les seules familles dont les écus furent appendus au chêne de Mic-voic.
riage des princes, les fêtes où la religion s’entoure de ses pompes , étaient les époques choisies de préférence par les parrains des novices ; car les noms mêmes, empruntés à la langue monastique, rappelaient la sainteté de ces engagements.
De longues et ferventes prières, des jeûnes rigoureux et les humbles aveux du tribunal de la pénitence, précédaient l’admission du jeune écuyer. Il sortait du bain, à l’exemple des néophites, revêtu d’une tunique blanche, et se rendait à l’église, pour la veille des armes . Le doux et gracieux nom de candidat (candidus) lui était alors donné. Prosterné au pied de l’autel de la Vierge, où il avait suspendu son épée, il passait la nuit entière à prier Dieu , immobile comme les statues de marbre des chevaliers, dont il voyait, à la lueur des lampes, se dessiner les tombeaux. Le lendemain à la pointe du jour, ses parrains , sa famille, ses amis et ses vassaux, les chevaliers du voisinage et la foule du peuple assistaient avec lui à une messe solennelle. Après une pieuse exhortation sur les devoirs de la chevalerie , le vénérable pontife, qui officiait, admettait le candidat à la table sainte; puis, prenant sur l’autel l’épée nue, qu’il venait de bénir :
« Serf du Christ, lui disait-il, accepte ce glaive des mains de Dieu, pour disperser » ses ennemis, châtier l’injustice, maintenir le bon droit, et protéger les orphe- » lins et les veuves 4. »
Souvent l’écuyer, en recevant son épée, frappait trois coups en l’air, en signe de menace contre les ennemis delà religion chrétienne; et le prêtre ajoutait :
« Vous avez branlé par trois fois vostre espée, au nom de la Sainte-Trinité, et » deffié tous les ennemis de la foy, Dieu vous donne l’espérance de la victoire ! » Amen. »
Le chœur alors chantait le j 43e psaume. « Béni soit Dieu , mon Seigneur , qui » instruit mes bras à la guerre et mes mains au combat 1 2. » Puis un clerc lisait, à voix haute, les principales obligations de la chevalerie.
« Vous debvez sçavoir, disait-il, que tout homme de noble race, devant qu’il re- » çoive l’ordre, doibt estre adjuré par serment :
1 Serve Christi, accipc hune gladium tuum Dei bcncdictione collatum , etc.
(Anciens rituels \ Favin, Ménétrier, Wulson de la Colombière. ) 4 Benediclus Dominus Deus meus, qui docet manus meas ad prælium et digilos meos ad bellum.
» i° De craindre , de révérer et servir Dieu religieusement, de combattre pour la foy, et de mourir plustost de mille morts que de renoncer au christianisme ;
* 20 De servir fidèlement son légitime seigneur, et de combattre pour sa patrie très valeureusement;
» 3° De soutenir le bon droit des plus faibles , comme des veuves, des orphe- . lins et des damoiselles en bonne querelle, pourveu que ce ne fust contre son honneur ou prince naturel;
» 4° Qu’il n’offenseroit jamais personne malicieusement, ni n’usurperoit le bien d’autruy, mais plustost qu’il combattroit contre ceux qui le feroient;
» 5° Que l’avarice , la récompense , le gain et le profit ne l’obligeroient à faire aucune action, mais la seule gloire et vertu ;
» 6° Qu’il combattra pour le bien et le profit de la chose publique ;
» 70 Qu’il tiendra les ordres des chevaliers, qui auront droit de lui commander;
» 8° Qu’il gardera l’honneur, le rang et l’ordre de ses compagnons, qu’il n’empiétera rien par orgueil , ny par force ;
» 90 Qu’il ne combattra jamais accompagné contre un seul, et qu’il fuira toutes fraudes et supercheries;
» io° Qu’il ne portera qu’une espée, à moins qu’il ne soit obligé de combattre contre deux, ou plusieurs;
» 1 1° Que, dans un tournoy, ou autre combat à plaisance , il ne se servira jamais de la pointe de son espée ;
» 12° Qu’estant pris en un tournoy prisonnier, il sera obligé, par sa foy et son honneur, d’exécuter les conditions de l’emprise ; outre qu’il sera obligé de rendre au vainqueur ses armes et ses chevaux, s’il les veut avoir, et ne pourra combattre en guerre ny ailleurs, sans son congé;
)> i3* Qu’il doibt garder la foy inviolablement à tout le monde, et particulièrement à ses compagnons, soustenant leur honneur et profit en leur absence;
» i4° Qu’ils s’aimeront et honoreront les un; les autres, se porteront ayde et secours, et ne combattront jamais contre leurs frères d’armes, si ce n’est par mesconnaissance ;
» i5° Qu’ayant fait vœu ou promesse d’aller en quelque queste ou advanture estrange, il ne quittera jamais les armes, si ce n’est pour le repos de la nuit ;
» i6° Qu’en la poursuitte de leur queste ou advanture, il n’évitera point les mauvais et périlleux passages, ny ne se destournera du droit chemin , de peur de rencontrer des chevaliers puissants, ou des monstres, bêtes sauvages, ou autre empeschement, que le corps et le courage d’un seul homme peut mener à chef ;
» 170 Qu’il 11e prendra jamais aucun gage, ni pension d’un prince estranger ;
« 180 Que commandant des gens d’armes, il vivra avec le plus d’ordre et de discipline qu’il lui sera possible , et notamment en son propre pays, où il 11e souffrira jamais aucun dommage ni violence estre faits;
» 190 Que, s’il est obligé à conduire une dame ou damoiselle , il la servira, la protégera et la sauvera de tout danger et de toute offense, sans quoy il mourra en la peine ;
» 20° Qu’il ne fera jamais violence à dames ou damoiselles, encore qu’il les eut gagnées par armes ;
» a i° Qu’estant recherché de combat singulier, il 11e le refusera point sans playe, maladie ou autre empeschement raisonnable;
» 220 Qu’ayant entrepris de mettre à chef une entreprise, il y vaquera an et jour, s’il 11’est rappel lé pour le service du roy et de sa patrie ;
» 23° Que, s’il fait un vœu pour acquérir quelque honneur, il ne s’en retirera point, qu’il ne l’ait accompli, ou l’équivalant;
» 24° Qu’il sera fidelle observateur de sa parole et de sa foy donnée , et qu’estant prisonnier en bonne guerre, il payera exactement la rançon promise, ou se remettra en prison au jour et au temps convenus, à peine d’estre déclaré infâme et parjure ;
» 9.5° Que, retourné à la cour de son souverain , il rendra un véritable compte
de ses advantures; encore mesme qu’elles fussent à son désavantage, sous peine d’estre privé de l’ordre de chevalerie;
» 26° Que, sur toutes choses, il sera fidelle, courtois, humble, et ne faillira jamais à sa parole, pour mal, ou perte , qui luy en peust advenir 4. »
Tous les sentiments élevés et généreux, que les sociétés modernes ont puisés au sein du christianisme, se retrouvent dans ces préceptes pratiques. Reproduits sous toutes les formes, en prose, en vers, par les arts , les romans et la littérature du moyen-âge, ils pénétrèrent dans les mœurs, et y exercèrent une influence irrésistible. C’est à eux que nous devons notre civilisation française et ce caractère de
‘ V ray Théâtre d'honneur et de chevalerie . ( Wulson de la Colombière. )
Nous retrouvons, dans un virux poete, sous le nom de Ballade du chevalier d'armes , ces mêmes obligations , exprimées en vers pleins de grâce et de naïveté.
Vous qui voulez l’ordre de chevalerie,
11 vous convient mener nouvelle vie;
Dévotement en ornison veillier,
Péchier lïiyr, orgueil et vil lénie ;
L’église debvez deffendre La vefve aussi , l’orphenin entre prendre;
Eslre hardis et le peuple garder;
Prodoms, loyaulx, sans riens de l’autruy prendre;
Ainsi se doibl chevalier gouverner.
Humble cueur ait , tondis ( toujours) doibt travailler Et pourMiir faiz de chevalerie,
Guerre loyale , eslre grant voyagier,
Tournois suir, etjonster pour s’amie :
Il doibt à tout honnour tendre,
Si c’om ne puist de luy blâme reprendre ,
Ne lascheté en s* s œuvres trouver ;
Et entre touz se doibt tenir le meudre ( moindre ) ;
Ainsi se doibt chevalier gouverner.
Il doibt amer son seigneur droiturier,
Et dessus tous garder sa seigneurie ; Largesce avoir, estre vray justicier ;
Des prodommes soir la compaignie,
Leurs diz oïr et aprandre,
Et des vaillnns les prouesces comprendre, Afin qu’il puist les gratis faiz achever, Comme jadis (ist le roy Alixandre;
Ainsi se doibt chevalier gouverner.
légèreté héroïque, de dévouement, d’honneur, de loyauté et de franchise, qui fit si longtemps la gloire de notre patrie.
Après cette lecture , écoutée dans un religieux silence, le candidat à genoux , et la main sur l’évangile, jurait « par sa part de paradis » de conformer sa vie aux admirables maximes qu’il venait d’entendre.
a Que cherchez - vous ? lui disait-on alors 4. — Je demande a estre fait che- » valier. — De quelle condition êtes-vous? — Noble de race et issu de parents » nobles. — Avez-vous assez de terre pour maintenir honorablement, sans tra- » fie, ni art méchanique l’état et la dignité chevaleresques?... Je vous advise que » vous serez contraint de jeusner, quand vous aurez faim, de veiller quand vous » voudrez dormir, et qu’il vous fauldra endurer, pour la justice, nombre de peines, » de périls et de souffrances. »
Après avoir reçu les réponses du candidat , le hevalier cchargé de le recevoir » ajoutait : « Ce que vous désirez a été refusé à un grand nombre; mais nous » avons confiance en vostre noblesse et preud’homie. »
Puis tirant son épée, il l’en frappait légèrement sur l’épaule, et lui touchait la joue, avec la paulme de la main , en ajoutant :
» De par Dieu, Nostre Dame, monseigneur saint Georges, saint Michel , saint Denis, madame sainte Catherine, ou tout autre saint, je te fais chevalier, sois preulx, hardi et loyal. »
Les parrains relevaient alors le candidat ; ils lui chaussaient les éperons d’or, emblème de sa dignité nouvelle, et lui expliquaient le sens mystérieux, attaché à toutes les pièces de son armure 1 2.
» Les éperons signifient que vous devez être diligent , et poussé en toutes vos actions par l’aiguillon de l’honneur; l’écu sans tache, sur lequel brillent vos armoiries, rappelle la gloire de vos aïeux ; le heaume est la figure de la couronne céleste,
1 Quid quæris? — Quæro effici miles. — Cujus conditionis es? — Nobilis généré et parentibus generosis natus. — Habesne unde honeste manu tenere statum et militarem dignitatem , absque mercimoniis et arte mechanica ? — Habeo Dei gratia bonorum sufficientem copiam, etc. — ( André Favin. — Théâtre d'honneur et de chevalerie. — Sainte-Palaye. — Gassier, Roy. — Histoire de la chevalerie . )
2 De même que tous les ornements dont le prestre est revestu , dit Fauteur de V Ordre de la chevalerie , ont une signification qni se rapporte à son office, de même aussi l’office de chevalier, qui a grande concordance à celui de prestre , a des armes et des vestements qui se rapportent à la noblesse de son ordre.
Le même auteur doune au prêtre le titre de chevalier spirituel.